jeudi 15 juin 2006

Splendeurs et misères des courtisanes : le denouement


Le jour précédant m'avait laissé sur un suspens insoutenable: une jupe noire avait mystérieusement disparu de mon armnoire, je commençais à me réssoudre que cette énigme devienne un X-Files lorsque j'ai eu une vision : et si le vetement contrariant avait été mise par inadvertance dans le sac d'affaires léguées à notre femme de ménage ? Vérification faîte, cette théorie improbable se révéla la bonne et donc rassuré sur le sort de cette harde, j'ai envisagé cette soirée de Gala d'un coeur plus serein et m'atelée à la préparation psychologique de cette soirée.

En effet, ayant manqué en février dernier le gala des stagiares de la Commission Européenne, j'étais déterminée à experimenter une de ces soirées microcosmiques bien particulières, réservées à une frange limitée et triée de la population. Comme il faut être réaliste, je ne serais jamais invitée au bal de la Rose, il y avait aussi une certaine curiosité sociologique quant à ces événements qui se rapprochent le plus du mythique "graduation ball'' des lycées et universités américaines si bien popularisés dans "Buffy contre les vampires" ou "Elle est trop bien" (quelles réferences n'est-ce pas ^^;;)

Et où donc aurais-je l'occasion apercevoir des messieurs et demoiselles élégants si ce n'est ce soir ? De plus après deux ans de ségrégation au 117 bld St Germain n'était il pas temps pour nous de goûter à nouveau aux charmes et aux rites de passage réservés aux Sciences-Poteux ? (sachant que même nos consignes de grand Oral divergeaient des leurs).

Le programme des festivités était à tirroir : deux heures de cocktail suivies d'un repas présidé par des diplomés illustres du 27 rue St Guillaume (et autant faire se peut que chaque table est une thématique qui correspondent aux convives. Par exemple, un personnage de la vie politique à une table réunissant étudiants du master affaires publiques). Tout cela conclut par une fâte/bal vers 23h.


Rendez-vous pris au cercle militaire des armées à 19h pour le début de réjouissance et c'étaient bien ces deux heures de cocktails les plus rigolotes. Que de retrouvailles avec des visages disparus de mes premières années, Cécile ou Flora toutes aussi débordées que nous...y compris une fille qui me connaissait de ma première primaire et maternelle!!! malheureusement je n'ai que des souvenirs flous de cette demoiselle.

Mais l'ironie du destin étant indéniable, cette Anne a valu à l'hystérique Mme Germain institutrice des écoles qui fut la cause de mon départ un arrêt maladie de six mois pour cause de chute donc j'aurais été plus patiente. Si j'avais su, je serais retée à Saint-Louis lol.

Ce fut aussi un moment pour se retrouver une énième fois entre copines de journalisme. Fabienne eut le temps de me raconter son déjeuner de presse dantesque consacré aux shampoings anti-poux qui se déroulait dans un resto 4 étoiles (alors avec sept plats au dejeuner, elle n'avait plus très faim la pauvre!) tandis que Cécile partait à la recherche de ses amies de Poitiers et Marie de ses amies aussi expatriées en Espagne en 3ème année.

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Au menu de ces préliminaires: canapés et mousseux à volonté tout en admirant de haut en bas ces messieurs et demoiselles de ScPo vraiment sur leur 31. Vraies tenues de bal ! avec dominante noire et rouge pour elles et pour les pauvres messieurs ... eh bien ils n'avaient pas tellement une grande variété de choix ---> costumes cravates! mais force est de constater que l'habit fit le moine. Tous les représentants de la gente masculine rencontrés ce soir là furent très galants, et proposèrent toute leur aide pour helitreuiller le déambulateur !

Puis l'heure de se mettre à table sonna enfin et première surprise, nos premiers parains, les Orbans, écrivain et éditeur, se rétractent à la dernière minute. dans l'urgence on associe à notre table Clara Gaymard, brusquement dissociée de son mari, ex-infortuné ministre de l'Agriculture à l'appartement trop luxueux, qui préside une autre table.Petite deception car d'autres tablées affichent des noms plus journalistiques comme David Pujadas, Nelson Montfort ou Jean-François Kahn (qui sera des trois le seul à venir finalement!). ironiquement, j'ai bien croisé JFK , le dieu de Marianne, qui m'a toisée aux manettes de mon déambulateur, il va bien rire quand il va me revoir pointer le bout du museau dans un mois et demi!

Malheureusement, dés que Clara Gaymard a compris que nous étions destinées à la presse, elle s'est raidie et nous a très peu parlé voire carrement évitées. Ceci dit, il faut ajouter que la table circulaire n'aidait pas à l'acoustique et qu'elle était majoritairement peuplée de membres de la fillière affaires publiques. De fait, nous étions ostracisées car Gaymard s'est lancée sur un tour de table "qu'est ce que mai 68, pourquoi on fait scpo (car on ne sait pas trop quoi faire) s'ils voulaient faire l'ENA et sur les prénoms de ces huits enfants (dont Angelico, Thanis (une maitresse d'Alexandre Le Grand), Philotée et Erwan) . Quelques annecdotes sur cette vaste famille saisie au gré de mon ouie innatentive : si son ainée est à Sciences-Po sa cadette tente les castings :))
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Nous étions d'autant plus mis à l'écart qu'un monde nous séparait de nos camarades car rien n'est plus poteux que les rejetons des affaires publiques et nous avons écarquillé bien fort nos yeux quand nos voisins se sont mis à raconter leurs WE à Shangaï ou prenaient la parole bien que Français en anglais pour prononcer un bouleversant "It's so amazing", "it's so awesome". Des moments qui nous ont fait prendre conscience à tel point nous étions plus bohème en journalisme (voir la fine analyse de Marie sur le sujet) et que Sciences-Po c'est bien fini pour nous à moins que cela n'ai jamais été pour nous. Once a misfit, always a misfit! Mais un moment anthologique d' observation socio-culturelle!

Le repas était correct assorti d'un discours étrange d'un de nos honorables patrons.Maitre cannivet, président de la cour d'appel de Paris qui en avait gros sur le coeur pour cause d'Outreau sans compter la présence silencieuse (!) de notre directeur inventif Richard Descoing. L'entreé tartare de crabe/tomate était excellente mais plaçait la barre trop haut. Le veau n'était pas si cuit que ça bien que la purée de carottes cumin était intéressante puisqu'elle n'avait plus le goût de la carotte! galette de pomme de terre puis fromage (miam) et gateau au chocolat banane decevant car trop de banane mûre (alors que je ne suis folle que des vertes... Mais au milieu de ce repas cérémonieux, petit hic trois heures pour servir le tout....donc déjà les douzes coups de minuit qui me rappelait à la maison, pause café et patisseries oubliée ainsi que l'idée de faire un tour au bal qui était bourré de monde ! Un départ non sans un dernier fou rire, puisque nous avons réussi avec Fabienne je ne sais trop comment à attérir dans l'ascenceur de service et fait tous les étages (des coins louches aux murs bétonnés et sans issue au parking en passant par l'entrepôt) avant de retrouver la bonne machine et le rez-de-chaussée et de repartir ma curiosité rassasiée et la sensation d'avoir passé une soirée sympathique!

2 commentaires:

Cécile a dit…

Moi aussi j'étais dans l'acenseur de service ! Moins hilare que vous : il fallait ben que quelqu'un réfléchisse à un moyen de se sortir de là. Je crois que j'ai juré comme un charretier, à mon habitude !

Andrea a dit…

C'est normal tu étais notre Mac Gyver :)