dimanche 18 juin 2006

Maroc (3) Le Chella

Sur la route reliant Salé (aéroport) à Rabat, un paysage avait fortement éveillé notre curiosité, une forteresse perché en haut et le long de la coline. Renseignements pris auprès du chauffeur du ministère, il s'agissait du Chella, une nécropole bâtie par les sultans au XIVè siècle et qui abrite plus récement un festival de jazz parainé par la Commission Européenne (si ce n'est pas du harcèlement!). Dommage qu'il aie plu sinon nous aurions tenté l'expérience du concert en plein air le soir venu. Je suis certaine que mes souvenirs auraient été aussi émerveillés que lorsque j'avais vu Oedîpe d'Euripe dans l'amphithéâtre d'Epidaure!

Notre première étape de notre unique journée touristique était donc toute trouvée! Débarqués à l'entrée par le conducteur de taxi, je me suis demandée si nous ne nous trompions pas d'endroit tellement cela ressemblait à un mini chateau fort avec bastions et murailles garnies de créneaux. Gardant la porte se trouvait également un danseur traditionnel : tambour, bonnet garni de clochette et d'un pompom que le muscicien fait tourner en s'appuyant et tournant sur lui même en battant des pied.

Une photo d'un peu plus près pour profiter de la richesse des arabesques gravées sur la porte.

Le site de la nécropole de Chella est probablement la plus ancienne agglomération humaine à l'embouchure du Bouregreg (principal fleuve marocain). Les Phéniciens et les Carthaginois y avaient installé des comptoirs mais les festiges encore visibles sont plus tardifs et datent de l'occupation romaine.
Sous l'empire, la ville fut baptisée Sala Colonia, de cette ville ne restent que les vestiges du forum, un arc de triomphe et de la voie principale, la Decumanus Maximus.
Chella était abandonnée depuis plusieurs siècles quand les Berbères mérinides, famille régnante, choisirent ce site pour y édifier leur nécropole. Achevée en 1339, seul a clairement subsisté le minaret.

Une opportunité qui n'a pas échappé à ces gracieux volatiles que sont les cigognes qui ont fait de Chella leur chez-soi, poussant l'incongruité si ce n'est l'impertinence à bâtir leur nid à même la tour! Des conditions de logement d'autant plus luxeuse que le Chella renferme une oasis assurant la tranquilité et la verdure du lieu.
Voici un avant-goût du panorama qui s'offrait à nous et que nous n'avons pu explorer que de loin car dés que nous sommes sortis du couvert des arbres, une averse nous a attaqués et en vêtements d'été sans pulls, kway ou casquette, la retraite nous parut préférable à la pneumonie, surtout pour ceux qui devaient assurer l'organisation de la conférence!



















Devinez ce que représentent cette multitude de petits points blancs...

... nos compatriotes porteuses de bébés, les cigognes, qui gardaient jalousement et frileusement leur nid, intimidant le passant avec leurs faux airs de vautours. Je ne peux commencer à décrire la fascination que m'a provoqué la vue d'une trentaine de ces animaux, seuls sur les ruines et qui guettent, et qui surveillent, voient-elles la nuit les fantômes de ces princes illustres ?

Et au mileu de ce paysage déserté de verdure, une irruption violente et menacante de couleurs sur un bois noueux pareils à des doigts squelettiques tendant vers les vivants pour les agripper et les faire prisonniers, entre les bosquets blancs et roses, le promeneur a le délice de croiser enfin des Fleurs Bleues... Dur de ne pas avoir une pensée émue pour ce grand maître littéraire que fut Queneau !

2 commentaires:

Elaurys Nathiel a dit…

Superbe ! J'aime particulièrement la dernière photo.

BiZz d'une 'Ry qui te remercie beaucoup de ce troisième volet :)

Andrea a dit…

Merci de ce gentil commentaire, qui me fait très plaisir et me donne tout le courage nécéssaire pour continuer!

Je suis bien d'accord avec la photo des fleurs, c'est la seule série avec la blatte qui me plait inconditionnelement :)