Affichage des articles dont le libellé est Forgiven Not Forgotten. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Forgiven Not Forgotten. Afficher tous les articles
jeudi 28 juin 2012
lundi 4 juin 2012
Message d'utilité publique : regardez Arte jeudi
Peu importe ce que vous avez prévu jeudi soir, oubliez tout et branchez-vous sur Arte ! Idem pour les deux semaines à venir. Pour célébrer le jubilé de diamant d'Elizabeth II, la chaine franco-allemande propose un mois spécial Royaume-Uni et commence son cycle avec la meilleure émission que la BBC ait jamais produite (in my humble and very biased opinion), l'adaptation télévisée en six épisodes de 50 minutes d'Orgueil et Préjugés de Jane Austen avec le sublime Colin Firth encore jeune et élancé mais qui révélait déjà le talent qui allait lui valoir deux nominations et un Oscar : jouer des personnages guindés, torturés mais qui crèvent l'écran. Grâce à son interprétation pour des millions de fans de Jane Austen, il n'y a et n'aura qu'un seul M. Darcy dans la création, le sien !
Et à mon avis, Jennifer Ehle, qui a fait une belle carrière au théâtre sans jamais vraiment revenir au grand écran (what a shame), campe une Elizabeth Bennet qui n'a rien à lui envier en séduction, ironie et entêtement.
Pride and Prejudice made in 1995 c'est la quintessence du costume drama dans toute splendeur. Un guide imparable pour réussir votre adaptation d'un classique de la littérature. Car cet Orgueil et Préjugés c'est le standard avec lequel apprécier et comparer les pépites britanniques successives : Jane Eyre, Sense and Sensibility d'Andrew Davies le cerveau justement derrière P&P, Bleak House toujours de Davies, Nord et Sud et pour finir Downtown Abbey.
Pour les néophytes, Orgueil et Préjugés raconte le combat de Mme Bennet pour marier ses cinq filles. la propriété familiale reviendra en effet à un lointain cousin de son mari à la mort de ce dernier. Lorsque Mme Bennet apprend qu'un riche célibataire s'apprête à s'établir dans la région, elle a trouvé sa vocation. Peu importe que ses filles soient consentantes. Face à cette hystérie maritale, Elizabeth la cadette déploie tout son esprit et ironie pour survivre aux conspirations maternelles tout en croisant le fer verbal avec le très hautain M. Darcy riche en secrets.
En soit, cela peut paraître fleur bleue mais Jane Austen n'avait pas son pareil pour croquer le ridicule et les défauts de la bourgeoisie et de la petite aristocratie du XIXe siècle et c'est sous l’œil d'une caméra avertie c'est savoureux et jubilatoire. A tel point que j'en suis tombée amoureuse de la langue anglaise et ait voué depuis un culte infaillible à Colin Firth dont je suis contente que tout le monde puisse admirer son travail précédant Le Discours d'un roi, Bridget Jones ou A single man.
PS : Grâce à ce gif, je remarque enfin que Georgianna avait de jolis accessoires de coiffure !
mardi 27 mars 2012
Two weeks in the Greek countryside for the soul
De quoi trouver soutien et force pour le reste de l'année.
Cela ne gâche rien qu'une adaptation cinéma de cette nouvelle existe avec Colin Firth au sommet de sa jeunesse et ridicule avec une petite moustache et qu'elle sommeille encore intouchée dans ma vidéothèque. Un pèlerinage ne va pas tarder à s'imposer.
jeudi 2 septembre 2010
La Solitude des nombres premiers
Deux variations sur le même thème. One Day, cité à l'envie ces temps-ci, et La Solitude des nombres premiers se posent la même question. Une amitié nouée dans l'adolescence peut-elle survivre à l'ambiguïté des sentiments, au temps, à la distance, aux errances, aux malentendus, à ces autres qui arrivent dans notre vie ?
L'un y répond avec la légèreté et la confiance anglaise. Emma et Dexter trébuchent, se perdent, se retrouvent tout en traversant l'Angleterre de Thatcher et en découvrant les débuts du blairisme. Et au delà de l'immaturité des héros, c'est le parfum d'une époque qu'on redécouvre. Ils font les erreurs d'une certaine jeunesse dorée et en tirent les leçons. Le désenchantement ne se pare pas forcément de tristesse.
Mais dans La Solitude des nombres premiers du physicien Paolo Giordano, ce n'est pas forcément le cheminement d'Alice et de Mattia qui comptent que leurs blessures secrètes qui les a dès l'enfance exclus. Leur amitié n'est pas lumineuse mais issue de deux solitudes qui se trouvent et se croisent parfois pour s'enfuir à nouveau. Ames soeurs et seules qui cherchent à trouver une raison à leurs traumatismes et à comprendre les autres. Des âmes en écho, douloureuses et incertaines où les mots se brisent sur des hésitations, des silences, des souffrances passées. Pourtant malgré ces personnages marqués (et comment pourrait-il en être autrement pour ces nombres premiers qui ne sont divisibles que par eux mêmes ?), Giordano crée des moments de grâce en silence, d'une touche, d'un geste.
A la lecture du roman et vu son succès en Italie, j'étais surprise de voir qu'un film ne s'était pas emparé de l'adaptation... En fait, la tâche est déjà accomplie. La solitudine dei numeri primi fait partie de la sélection à Venise.
Impossible de trouver des sous-titres en anglais mais je vous laisse quand même la bande-annonce et vous conseille, si votre chemin vous mène en librairie, de tenter cette aventure mathématico-émotionnelle.
A charge au réalisateur d'avoir su se dépêtrer des scènes de scarification parfois crues du livre.
jeudi 12 mars 2009
Ex libris
Choses vues et entendues à l'inauguration du salon du Livre, petit îlot gourmand de frivolités au milieu de la semaine. *Croisé une équipe de cameramen...de l'école de journalisme de Sciences-Po. Le monde est décidément une petite chose !
*Le pouvoir d'attraction de "Twilight" ("Fascination") est tel que maintenant c'est le premier argument de vente des vénérables classiques qui ont hanté nos jours de lycéens. Soit comme si Emily Brontë avait reçu un prix Goncourt pour son oeuvre, ses "Hauts de Hurlevents" sont barrés d'une affichette proclamant "le roman préféré d'Edward et de Bella"... Je m'étrangle silencieusement et n'était-ce pas "Orgueil et Préjugés" d'abord ???
* Ai fait le plein de Fitzgerald et de Schlink.
lundi 9 février 2009
Le prix de la rumeur la plus farfelue
revient à... cette nouvelle "adaptation" d'Orgueil et Préjugés revue à la sauce SF-horreur. J'ai beaucoup ri en la voyant circuler une première fois. Comme le bruit s'amplifie et que l'on y associe le nom de Nathalie Portman, je suis désormais toute ouïe et curieuse de voir à quoi pourrait ressembler cet ovni."L'actrice américaine Natalie Portman devrait produire l'adaptation du célèbre roman de Jane Austen, Orgueil et Préjugés , selon Cinemablend.com. La trame suivra l'intrigue principale de l'oeuvre, à savoir les rapports de force entre Elizabeth Bennet et Mr Darcy, mais en y incluant la menace de fantômes sur le petit village de Meryton. Le long métrage sera adapté de la réécriture du roman par Grahame-Smith, Pride and Prejudice and Zombies .
Orgueil et Préjugés n'en est pas à sa première déclinaison cinématographique. En 1940, il était porté à l'écran par Robert Z. Léonard et plus récemment, en 2006, par Joe Wright (dont j'ai revui la fin dimanche sur la 2, on ne se refait pas) . Pour l'instant aucune information n'a filtré sur le projet, hormis la participation de Natalie Portman à la production. "
Source : Relaxnews
mercredi 7 mai 2008
Le crépuscule vient de tomber
Ce n'était pas la bande-annonce que j'attendais pour clôturer le mois mais contrairement aux rumeurs celle de X-Files ne précédait pas les projections d' "Iron Man". A la place et à ma surprise, la plus totale, face à la rapidité des producteurs, je viens de tomber sur celle de "Twilight".
Un bon point pour le plan inaugural dans la forêt et le petit " a while" qui reste suspendu dans l'air.
Un bon point pour le plan inaugural dans la forêt et le petit " a while" qui reste suspendu dans l'air.
Point du ridicule :R. Pattinson se donne des airs de petit voyou un peu poussés mais bon quand on 17 ans pendant neuf décennies, on doit forcément virer au dandy insupportable ?
jeudi 1 mai 2008
Deux soeurs pour un roi
Après avoir exulté (à l'annonce de l'adaptation), trépigné (à la vue des photos de tournage), gémi, lamenté (à la lecture du scénario), maudit (un visionnage de mauvaise qualité), me voilà rassérénée sur le sujet de la version cinématographique de "The Other Boleyn Girl", un peu tristement titré dans nos contrées, "deux soeurs pour un roi".Un passage réfléchi dans les salles obscures, qui a obtenu l'enthousiasme de ma soeur, autre doctor-es en Tudors, m'a permis d'adoucir mon courroux. "The Other Boleyn Girl" n'est pas le film transportant que j'attendais (avec aux manettes le scénariste de "The Queen" et le réalisateur de "Bleak House") mais pour qui n'a pas lu le livre et n'est pas détenteur d'une thèse en Angleterre de la Renaissance c'est un bon film solidement interprété par Scarlett et Natalie où Eric Bana, en retrait, tient son poste (incarner Henri VIII n'est pas une sinécure) vaillamment.
Le long-métrage est plus une variation qu'une adaptation du roman. Alors que l'oeuvre se concentre sur Mary et son cheminement personnel ainsi que sa cohabitation avec Anne, le film prend le parti de mettre en exergue la rivalité des deux soeurs et fait revenir sur le devant de la scène Anne, en éclipsant les traversées du désert de sa soeur. D'une oeuvre sur Marie, la caméra choisit la biographie d'Anne... un choix plus grand public mais on y perd le sel du roman dont le coeur était Marye ce qui par cette approche original autorisait à sourire d'une Histoire, un peu malmenée.
Mais pour qui veut passer deux heures avec les Tudors, sans préconception, le séjour est agréable. Les décors et les costumes des actrices sont somptueux (un peu trop parfois) mais certaines broderies sur les robes d'Anne donne le frisson dont de très jolies feuilles d'automne.En choisissant la carte de la rivalité fraternelle, le film multiplie les traits de cruauté chez Anne, au risque d'une opposition simpliste, "elle est la méchante et Mary est innocente", dans le livre cette dichotomie était un peu mieux maîtrisée. Anne n'a pas eu qu'une ironie mordante, elle fut une femme intelligente et curieuse de la réforme et elle s'était quand même amouraché du roi. Heureusement Natalie Portman réussit à rendre cette Anne machiavélique touchante dans sa fragilité hystérique. Le dernier quart d'heure du film alors que tous les efforts d'Anne se désagrègent sous le coup de fausses couches, montre une fragilité au bord du désespoir. Point d'orgue sur l'échafaud alors que jusqu'au bout Mary tente d'obtenir une grâce improbable. Ces doigts qui tremblent sont exquis. Dommage que le film décide de reléguer la querelle religieuse avec le pape qu'en toile de fond, les raisons du passage à l'anglicanisme, qui n'est pas seulement une question de s'affranchir du pape.
Seul regret, un film qui oublie certaines explications comme le destin du premier mari de Mary et le kidnapping d'Elizabeth par cette dernière, qui n'est pas seulement impossible [même bâtarde, on ne s'approche pas comme ça des rejetons royaux) mais une entorse à l'enfance véritable d'Elizabeth, incertaine et hasardeuse plus que sans nuage, qui influença beaucoup sa psychè... Mais dans le fond je suis réconciliée et si les scènes coupées sont à la hauteur, je me procurerai le DVD. Je suis sûre que ceux qui aime l'histoire et ne connaisse pas les écrits de Gregorry seront aussi ravis que ma soeur :-) . Je serai curieuse d'avoir les avis des cinéphiles que vous êtes et qui ont goûté aux charmes (ou pas) de ses filles Boleyn.
mardi 29 avril 2008
Relançons un vieux débat, la suite, mais toujours sous l'arbitrage de Melle Austen
Qui du long-métrage d'Ang Lee, magnifié par la plume d'Emma Thompson, ou de la récente (la troisième) série de la BBC (qui a tous les dix ans des cycles Austen) est la meilleure adaptation de "Raison et Sentiments" ?
Ayant prévu un week-end couch-potato pour me remettre de ma semaine d'insomnie alimentée par ma rotation de matinée ( à 25 ans c'est quand même regrettable quelque part de ne pas savoir se coucher tôt^^;;;), j'ai cédé aux appels de cette nouvelle adaptation austenienne écrite par M. Andrew Davies, responsable de "Orgueil et Préjugés version Colin Firth" et du dynamique "Bleak House" avec Scu...Gillian Anderson.
Lors de sa diffusion en janvier, les échos avaient salué le soin apporté aux décors et un souffle moderne... Bilan entre 9 et 11 millions de spectateurs au fil des trois épisodes mais rien à voir avec le tsunami Firthien d'il y a 18 ans. Bref...aucun indice sur les performances des acteurs qui avaient l'épineuse tache de remplacer le quatuor Emma Thompson, Hugh Grant, Alan Rickman, Kate Winslet. Cela méritait enquête!
Et mon à priori négatif fut agréablement balayé...! et je serai encline à ne pas être aussi sévère avec cette série qu'avec l'oeuvre de Joe Wright. Certes les acteurs malgré leurs talents sont moins mémorables que leur prédécesseurs sur grand écran car un certain charisme leur fait défaut sauf pour David Morrisey (déjà impressionnant dans "State of play" de David Yates, le réalisateur de Harry Potter 5), qui m'a fait entrevoir un autre colonel Brandon, plus fragile, plus présent, plus martial, moins distant et lunaire que celui de Rickman. Mais ces interprêtes ont davantage le physique et l'âge des personnages et donc davantage de crédibilité.
Toutefois, l'actrice qui joue Elinor en a vraiment la grâce et la sagesse et sa cours avec Edouard est plus crédible. On a plaisir à contempler le dynamisme de Margaret (la cadette qui infuse du comique (cf. ses prédictions météo) et d'insouciance dans l'histoire) et la perversité de Fanny Dashwood.
C'est moins réussi avec Marianne, trop moderne dans ses expressions, moins profonde que Winslet, avec Edouard encore plus engoncé que Hugh Grant et Willougby qui inspire un peu vite la méfiance.
Surtout en trois heures, il n'y avait pas besoin de recourir aux raccourcis scénaristiques du film... Au départ j'ai eu l'impression de lire une fanfic tellement je ne reconnaissais pas de nombreuses scènes et puis en rouvrant le roman (que j'ai moins relu que "O & P", mea culpa), je me suis rendue compte que tout n'était pas ajout.
On ne rate plus la confrontation/confession/excuse de Willougby à Elinor même si la série la maltraite en ne retranscrivant pas le bénéfice du doute que lui accorde Elinor.
Le dîner chez les Ferrars montre Marianne monter pour une fois avec justice sur ses grands chevaux pour défendre l'honneur de sa famille.
La présence étouffante de miss Steel qui torture Elinor de ses confidences à répétition
La rivalité entre Brandon, beaucoup moins spectateur et résigné, et Willougby qui s'exprime d'abord dans un échange tendu puis par un duel musclé sur la fin... J'avais oublié cet élément aussi.
Davies revient sur ce qui avait été coupé au montage par Ang Lee : les rumeurs liant Brandon et Elinor qui font souffrir Edouard.
Le seul doute qui subsiste c'est la courte visite d'Edouard à Barton Cottage et sa fuite. Je ne sais plus si cela existe dans le roman. Ceci dit comme avec Darcy, Davies n'a pas tort de le rendre plus présent.
Comme en 1995, Andrew Davies abat avec un malin plaisir la carte de la sensualité. La scène d'ouverture de la série (dont j'adore la musique tout en violon, mais je n'arrive pas à mettre la main dessus) toute à la consommation de la chair est un contresens total de la pensée austenienne mais éveille la curiosité chez le spectateur qui devra attendre le troisième épisode pour connaître l'identité des amants.
La visite du manoir d'Alenham est plus poussée qu'Austen ne le suggérait mais aussi peut-être plus réaliste.
La seule séquence que je déplore est la convalescence de Marianne. Invitée à Delaford, elle s'exerce sur le pianoforte du colonel puis apercevant un faucon dans le ciel descend rejoindre Brandon, qui nourrit le l'oiseau, et lui sourit. What's the point ? La symbolique m'a complètement échappé, s'il y a une bonne et intelligente âme parmi vous, je suis preneuse!
Pour conclure, une mini-série à voir pour ses décors à couper le souffle qui me rappellent le vert de l'Irlande et cette variation des personnages de Brandon et d'Elinor bien que ma préférence reste à Ang Lee.
Ayant prévu un week-end couch-potato pour me remettre de ma semaine d'insomnie alimentée par ma rotation de matinée ( à 25 ans c'est quand même regrettable quelque part de ne pas savoir se coucher tôt^^;;;), j'ai cédé aux appels de cette nouvelle adaptation austenienne écrite par M. Andrew Davies, responsable de "Orgueil et Préjugés version Colin Firth" et du dynamique "Bleak House" avec Scu...Gillian Anderson.
Lors de sa diffusion en janvier, les échos avaient salué le soin apporté aux décors et un souffle moderne... Bilan entre 9 et 11 millions de spectateurs au fil des trois épisodes mais rien à voir avec le tsunami Firthien d'il y a 18 ans. Bref...aucun indice sur les performances des acteurs qui avaient l'épineuse tache de remplacer le quatuor Emma Thompson, Hugh Grant, Alan Rickman, Kate Winslet. Cela méritait enquête!
Et mon à priori négatif fut agréablement balayé...! et je serai encline à ne pas être aussi sévère avec cette série qu'avec l'oeuvre de Joe Wright. Certes les acteurs malgré leurs talents sont moins mémorables que leur prédécesseurs sur grand écran car un certain charisme leur fait défaut sauf pour David Morrisey (déjà impressionnant dans "State of play" de David Yates, le réalisateur de Harry Potter 5), qui m'a fait entrevoir un autre colonel Brandon, plus fragile, plus présent, plus martial, moins distant et lunaire que celui de Rickman. Mais ces interprêtes ont davantage le physique et l'âge des personnages et donc davantage de crédibilité.
Toutefois, l'actrice qui joue Elinor en a vraiment la grâce et la sagesse et sa cours avec Edouard est plus crédible. On a plaisir à contempler le dynamisme de Margaret (la cadette qui infuse du comique (cf. ses prédictions météo) et d'insouciance dans l'histoire) et la perversité de Fanny Dashwood.
C'est moins réussi avec Marianne, trop moderne dans ses expressions, moins profonde que Winslet, avec Edouard encore plus engoncé que Hugh Grant et Willougby qui inspire un peu vite la méfiance.
Surtout en trois heures, il n'y avait pas besoin de recourir aux raccourcis scénaristiques du film... Au départ j'ai eu l'impression de lire une fanfic tellement je ne reconnaissais pas de nombreuses scènes et puis en rouvrant le roman (que j'ai moins relu que "O & P", mea culpa), je me suis rendue compte que tout n'était pas ajout.
On ne rate plus la confrontation/confession/excuse de Willougby à Elinor même si la série la maltraite en ne retranscrivant pas le bénéfice du doute que lui accorde Elinor.
Le dîner chez les Ferrars montre Marianne monter pour une fois avec justice sur ses grands chevaux pour défendre l'honneur de sa famille.
La présence étouffante de miss Steel qui torture Elinor de ses confidences à répétition
La rivalité entre Brandon, beaucoup moins spectateur et résigné, et Willougby qui s'exprime d'abord dans un échange tendu puis par un duel musclé sur la fin... J'avais oublié cet élément aussi.
Davies revient sur ce qui avait été coupé au montage par Ang Lee : les rumeurs liant Brandon et Elinor qui font souffrir Edouard.
Le seul doute qui subsiste c'est la courte visite d'Edouard à Barton Cottage et sa fuite. Je ne sais plus si cela existe dans le roman. Ceci dit comme avec Darcy, Davies n'a pas tort de le rendre plus présent.
Comme en 1995, Andrew Davies abat avec un malin plaisir la carte de la sensualité. La scène d'ouverture de la série (dont j'adore la musique tout en violon, mais je n'arrive pas à mettre la main dessus) toute à la consommation de la chair est un contresens total de la pensée austenienne mais éveille la curiosité chez le spectateur qui devra attendre le troisième épisode pour connaître l'identité des amants.
La visite du manoir d'Alenham est plus poussée qu'Austen ne le suggérait mais aussi peut-être plus réaliste.
La seule séquence que je déplore est la convalescence de Marianne. Invitée à Delaford, elle s'exerce sur le pianoforte du colonel puis apercevant un faucon dans le ciel descend rejoindre Brandon, qui nourrit le l'oiseau, et lui sourit. What's the point ? La symbolique m'a complètement échappé, s'il y a une bonne et intelligente âme parmi vous, je suis preneuse!
Pour conclure, une mini-série à voir pour ses décors à couper le souffle qui me rappellent le vert de l'Irlande et cette variation des personnages de Brandon et d'Elinor bien que ma préférence reste à Ang Lee.
samedi 26 avril 2008
Relançons un vieux débat...
Qui de la version cinématographique de 2005 ou de la série de la BBC tournée en 1995 est la meilleure adaptation d' "Orgueil et Préjugés" ?
Cette vidéo présente l'immense avantage de ne pas choisir!
Cette vidéo présente l'immense avantage de ne pas choisir!
Une variation sur le même thème qui fait se rencontrer les deux castings. La vidéaste a fait deux autres montages suivant la même idée.
+ 2005 : une photographie sublîme, une caractéristique poussée à l'extrême voire au détriment de l'interprétation dans "Reviens-moi".
+ 1995 : deux mots ... Colin Firth
Et en bonus, Hugh Laurie interprétant M. Palmer, un délicieux personnage secondaire de "Raison et Sentiments" d'Ang Lee (une adaptation parfaite grâce au duo Thompson/Winslet et qui permet d'affirmer qu'Alan Rickman, Rogue ou pas, a un charme irresistible). Un rôle qui lui permet de réviser ses regards de tueur à la Dr House.
+ 2005 : une photographie sublîme, une caractéristique poussée à l'extrême voire au détriment de l'interprétation dans "Reviens-moi".
+ 1995 : deux mots ... Colin Firth
Et en bonus, Hugh Laurie interprétant M. Palmer, un délicieux personnage secondaire de "Raison et Sentiments" d'Ang Lee (une adaptation parfaite grâce au duo Thompson/Winslet et qui permet d'affirmer qu'Alan Rickman, Rogue ou pas, a un charme irresistible). Un rôle qui lui permet de réviser ses regards de tueur à la Dr House.
Malheureusement je viens de me rendre compte que le son n'est pas synchronisé avec l'image :-/
Extrait n°1 :
Extrait n°2 :
Extrait n°1 :
Extrait n°2 :
lundi 21 avril 2008
Fascination crépusculaire
A mon tour de poser une pierre supplémentaire à l'édifice de la littérature fantastique vampiresque, dont la première brique avait été consacrée par une spécialiste de la Solitude du buveur de sang, en confessant la fascination frénétique dans laquelle m'a happée la lecture de "Twilight". Le premier volet de la quadrilogie de Stephenie Meyer, une trentenaire américaine.Depuis Harry et son ultime aventure, jamais je n'ai eu envie de dévorer un livre, au point d'essayer de lire en me séchant les cheveux...ce qui est un exploit physique déraisonnable (pour les capillaires). Il ne faut pas s'y m'éprendre, "Twilight" (alias "Fascination" in French) n'est pas de la grande prose (c'est pour cela que je peux me permettre de le lire en VO) mais c'est un fantastique "page-turner" comme disent les professionnels anglo-saxons du monde du livre... Je ne regrette pas d'avoir suivi ma méthode "Amazon" de sélection de romans (soit baser mes choix en fonction des livres présents sur le podium des 10 meilleurs ventes, comme ça que j'étais tombée dans "The Other Boleyn Girl").
Peu importe les mots, on veut savoir la suite... Comme j'ai pu le constater avec le second tome "New Moon", Meyer a l'astucieuse idée de trousser un petit prologue d'une page mettant les protagonistes principaux en péril. A charge aux lecteurs de remonter temps et chapitres pour comprendre comment les héros n'ont pu éviter la bérézina.
Passé la minuscule introduction liminaire alléchante, "Twilight" s'ouvre sur l'arrivée à l'aéroport de la malheureuse Bella Swan, une adolescente qui quitte le soleil brûlant de l'Arizona pour rejoindre son père qui vit dans un des Etats les plus humides des USA, Washington, dans un exil auto-imposé. Sa mère immature s'étant remariée avec un joueur de base-ball dévalant les kilomètres de bitume au gré des matchs, Bella a décidé de la laisser profiter de cette seconde lune de miel et de faire connaissance avec son père, un shérif un peu ours qui habite en bordure de forêt dans la charmante ville de Forks.
Un déracinement douloureux pour la jeune fille, jamais très à l'aise au milieu de ses semblables d'jeuns. Evidemment son premier jour de cour dans le petit lycée de la ville tient ses promesses d'exaspération. Cible de tous les regards car nouvelle, Bella doit faire face à deux Roméo en puissance, une camarade attentionnée par pur narcissisme et le mystérieux et le fulgurant ("daaaaazzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzliiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiing, l'adjectif revient au moins deux cent fois dans le roman :-/) Edward Cullen, son voisin en cours de biologie qui lui décoche des regards assassins et l'ignore superbement. Dès lors Bella n'aura de cesse d'être fasciné par cet Adonis distant et sa surprenante famille, recomposée car adoptée de ci et là par le médecin de la ville Carlisle Cullen, et constituée d'êtres tout aussi parfaits et attirants qu'Edward.
Simplement difficile pour Bella de mener une enquête quand le principal suspect sèche les cours à répétition, sous prétexte d'étranges week-ends prolongés de camping en pleine forêt, et ne la couvre que de mépris. La confrontation intervient enfin lorsqu'Edward sauve Bella in extremis d'un accident de la route, en défiant toutes les lois de la physique. Commence alors une trêve cordiale entre les deux jeunes gens pendant que Bella essaie de recomposer les pièces du puzzle lorsque les confidences d'un de ses amis d'enfance, un jeune indien nommé Jacob lui apprend la légende interdite de son clan et l'interdiction faite aux Cullen de mettre un pied dans la réserve. Finalement incapables de contenir leurs sentiments (malheureusement à certains moments "Twilight" bascule dans le roman à l'eau de rose mais bon...), Edward révèle à Bella qu'il est désepérément attiré par l'odeur de son sang et que lui et sa famille sont bien des vampires mais des buveurs de sang végétariens qui ne se délectent que de l'hemoglobine des animaux et vivent en retrait des communautés vampiresques. Une fois ce secret éventé, le livre se concentre sur l'acceptation hasardeuse de Bella parmi les sympathiques Cullen et ses rencontres désastreuses avec des propriétaires de canines acérées moins tolérants et ethnologues qui dérapent en une échappée belle à travers les Etats-Unis tandis qu'Edward est déterminé à ne transformer Bella à aucun prix.
Certes Meyer n'a pas inventé la poudre mais elle tord la mythologie habituelle joliment : des vampires qui ne craignent pas le soleil mais qui s'en protègent pour ne pas éblouir et se dévoiler aux humains, aux talents particuliers que possèdent Edward et certains de ses frères et soeurs. La grande réussite de ce roman tient à la description douce-amère qu'il fait de la scolarité et l'adolescence américaine que Buffy avait exploré avec beaucoup de talent et de la campagne verdoyante et déprimante de Washington.
La galerie attachante de personnages secondaires et la curiosité que l'on éprouve quant à leur vécu -le premier tome ne lève le voile que sur le passé d'Edward, condamné par la pandémie de grippe espagnole post 14-18, de Carlisle son "père", fils d'un pasteur anglais puritain du 17e siècle et Alice, petite parente éloignée de la visionnaire Drusilla, permet de passer outre ce que le roman a de plus exaspérant : le style. Stephanie a la plume facile mais naïve qui use et abuse des mêmes adjectifs pour revenir sur la beauté d'Edward ce qui est désespérément vain. Mais malgré tout, j'ai quand même signé pour le tome deux!
Mon intérêt pour l'oeuvre n'est pas à vrai dire uniquement motivé par le roman, son adaptation cinématographique en cours de tournage dans l'Oregon m'émoustille puisque les magazines hollywoodiens qualifient le projet d'éventuel successeur à la folie Harry Potter. L'hyperbole est un peu forte dans le sens où Meyer n'a pas la portée de Rowling mais la série a un réseau de fans extrêmement influent comme en témoignent les pages noircies sous fanfiction.net, donc la comparaison n'est pas sans potentiel.Un grand fou rire quand je regarde cette photo de promotion qui sont toujours un peu superficielle et trop posée. De gauche à droite Emmet, Rosalie, Esme (alias Ava de Grey's Anatomy), Edward, Carlisle, Alice et Jasper à qui le coiffeur a fait des misères!
Cela aide aussi que dans le rôle d'Edward, les producteurs aient choisi feu Cédric Diggory alias Robert Pattinson, dont je suis curieuse d'entrevoir ce que vaut son jeu d'acteur... Pour le moment sa présence au générique me pousse parfois à penser au sorcier à lunettes en plein chapitre de Twilight mais visuelement Rob' is handsome enough to do the trick. Avec l'adaptation du Clan des Otori (une lecture bien prenante également) en préparation et X-Files 2, un des projets que j'anticipe avec impatience même si c'est mon côté vieux péplums et série B qui sera le plus vraisemblabelement comblé. Bref si jamais vous aimez le film prévu pour décembre 2008, il sera plus facile de goûter aux livres en ne se crispant pas trop sur l'écriture sauf si vous êtes courageux!
Un reportage assez appetissant de MTV:
Pour les curieux...des extraits du tournage
...et quelques bande-annonce amatrices qui utilisent les précédents films des acteurs travaillant sur le long métrage. Du coup j'ai fréquemment l'impression que Cédric D. déclare sa flamme à Harry P. :p
Mention spéciale à ce réalisateur qui est allé repêcher des citations de l'audiobook
Mention spéciale à ce réalisateur qui est allé repêcher des citations de l'audiobook
Justin Timberlake intronisé narrateur, la séquence "Jasper" est hillarante
En reprenant la bande son et la sublîme musique de "Reviens-Moi"
pour la grimace de RP quand il apparaît à l'écran
Et un petit Nara pour la route
dimanche 13 avril 2008
All Jane Austen, all the time book club
Et l'Oscar de la meilleure adaptation revient.... au Jane Austen Book Club ! Souvent j'aime me plaindre à quel point le passage d'un roman au grand écran m'a épouvantée (voir le massacre de The Other Boleyn Girl que j'attends quand même de voir proprement, si vous avez aimé le film, je vous conseille vivement le livre beaucoup plus diabolique et malsain) mais le regard de la caméra a fait un bien fou à ce roman sympathique mais languissant de Karen Joy Fowler.Soit cinq femmes californiennes de trois générations différentes à un tournant de leur vie qui décident pour voir à nouveau la vie en rose de fonder un club de lecture uniquement dédié à la merveilleuse Jane Austen (qui aura ma vénération éternelle pour avoir mis au monde Orgueil et Préjugés et Raison et Sentiment) car comme le dit Bernadette , quoi de plus dynamique comme distraction et enseignement des aléas de la vie quotidienne que cette chère Jane ? "All Jane Austen, all the time", une devise que je suivrais volontiers. A chaque mois de l'année correspond une de six oeuvres de la romancière ? Chaque session étant l'occasion pour les membres de ce book club de voir à quel point le remarques de Jane Austen sur le coeur humain n'ont pas perdu de leur pertinence et constater que leur existence suit, parfois, les intrigues des livres.
Là où le livre était fastidieux dans son exploration du passé et des blessures des personnages, le film résume tout cela à une poignée de plans et de phrases. tout devient fluide et surtout les parallèles dressés entre les héroines d'Austen et ses lecteurs assidus sont bien plus flagrant, le segment sur Persuasion en étant l'exemple le plus frappant. Et l'émotion trop contenue dans le roman affleure : le desespoir de Sylvia abandonnée, le misanthropisme de Jocelyn qui préfère ses chiens aux hommes, la frustration de Prudie qui la conduit à humilier son malheureux mari très cruellement en plein dîner mondain : "For him, Austen is just the capital of Texas" et le charme naïf de Grigg, le seul homme embarqué malgré lui dans ce salon de littérature anglaise, le Geek le plus charmant de la Silicon Valley qui ne jure que par la Science Fiction et Starbuck Coffee.
Le film repose en grande partie sur le charme d'Emily Blunt, déjà exaspérante dans le Diable s'habille en Prada, qui campe une jeune épouse déboussolée qui s'ennuie dans son existence de professeur de français et qui aspire à plus de raffinement dans sa vie. Là où elle rêve d'aller enfin en France, son mari ne parle que basket-ball. Prudie apparaît d'abord triste, pédante et rigide puis au fil des minutes on pèle cette première couche pour découvrir une jeune femme trompée par sa mère, joyeuse hippy délurée pour entrer dans ce que l'intrigue a de plus "perturbant", l'attirance sans cesse grandissante qu'elle éprouve pour un de ces charmants élèves, dans le rôle d'un Whickam ou Willoughby en puissance, et comment grâce à la "philosophie austenienne", elle va se laisser entraîner dans ce tourbillon d'émotion et là où Karen Joy Fowler avait vite délaissé la piste, le film apporte une conclusion réaliste à cette tentation.
Autre point fort du film, l'analyse de lecture proprement dite qui se penche avec humour sur la personnalité de Jane A, écrivain de la passion qui loue la passion contenue voire déniée et les cours compliquées et qui repousse loin, loin la sensualité, à la lumière des moeurs XXIe siècle... La mise en abîme culmine joliment quand Prudie se rend à un rendez-vous galant lorsqu'un feu de circulation passe au rouge avec l'inscription énigmatique " What would Jane do ?". Enfin le réalisateur a cru bon, avec raison, d'ajouter un épilogue plus satisfaisant que celui du bouquin.
Le film n'a pas encore été distribué en France mais qu'il le soit sur grand écran ou DVD, il vaut le coup d'oeil si vous aimez Jane Austen et les comédies douces-amères :-) Emily Blunt et Hugh Dancy (Grigg) dominent avec grâce un joli casting.
samedi 17 février 2007
Deux petites bandes-annonces pour la route...
...en espérant que Morphée et courage rédactionnel viennent me trouver par la suite, voici la moisson des distractions de mes recherches.
Pour célébrer le programme du CAPES d'anglais qui met à l'honneur cette année ce chef d'oeuvre qu'est Orgueil et Préjugés (hélas dans sa version cinématographique Joe Wrightienne, personne n'est parfait), voici M. Darcy et Elizabeth Bennet, revisités à la sauce excellente d'Harry Potter.
Choix des images et montage impecables, on y croirait presque à cette rencontre des personnages de Jane Austen et JK Rowlings! Je salue dans les choix de la distribution Dumbledore en M. Bennet et McGonagall en hystérique Mama Bennet.
Pour célébrer le programme du CAPES d'anglais qui met à l'honneur cette année ce chef d'oeuvre qu'est Orgueil et Préjugés (hélas dans sa version cinématographique Joe Wrightienne, personne n'est parfait), voici M. Darcy et Elizabeth Bennet, revisités à la sauce excellente d'Harry Potter.
Choix des images et montage impecables, on y croirait presque à cette rencontre des personnages de Jane Austen et JK Rowlings! Je salue dans les choix de la distribution Dumbledore en M. Bennet et McGonagall en hystérique Mama Bennet.
Et pour Lisso, sache que cette personne a eu la bonne idée de récidiver avec la BA de Stranger than Fiction/Harold Crick ! pas mal du tout quad tu vois qui remplace Emma Thompson :)
Last but no least, un petit retour sur la carrière de Cate Blanchett née pour jouer les reines et souveraines intraitables dans un de ses rôles clés, Elizabeth. Le film est rempli d'anachronismes et d'inexactitudes historiques mais avec une telle voie suave, Cate n'a pas de mal à convaincre qu'elle incarne une monarque impitoyable.
Last but no least, un petit retour sur la carrière de Cate Blanchett née pour jouer les reines et souveraines intraitables dans un de ses rôles clés, Elizabeth. Le film est rempli d'anachronismes et d'inexactitudes historiques mais avec une telle voie suave, Cate n'a pas de mal à convaincre qu'elle incarne une monarque impitoyable.
lundi 22 janvier 2007
Der Vorleser
John Waterhouse - Miranda and the Tempest (1916)Malheureusement en dépit de mon passé de Terminale L épanouie, mes mains éffleurent rarement la douce ou ridée couverture d'un livre. Malgré tout, quelques patients fantômes hantent ma table de chevet... me pardonnant de ne consulter qu'une poignée de pages minuit venu, l'heure à laquelle, enfin dans mon lit, mes yeux consentent à se fermer. Autant présenter mes si fidèles compagnons de veillée d'une lectrice qui aime varier les plaisirs et les sources (le coté sciences-poteux angoissé "aurais je assez de documents pour mon exposé?" m'a apparément collé à la peau^^;;):
The Constant Princess -Philippa Gregory (oct. 2006- 27 février 2007)
Journal - Jean-René Huguenin (2003-?)
Claude de France: première épouse de François Ier - Henri Pigaillem (oct. 2006-?)
A Song of Fire and Ice (tome 2) : a Clash of Kings - George R. R. Martin (juin 2006- ?)
La face karchée de Nicolas Sarkozy (Hub's great gift) - Philippe Cohen, Richard Malka, et Riss (4 novembre)
Du rêve pour les oufs -Faïza Guène (26 octobre 2006)
P.S: I Love You -Cecelia Ahern (18 janvier-25 janvier 2007)
The Beekeeper's apprentice -Laurie R. King (27 janvier- 04 février)
A Monstrous Regiment of Women - Laurie R. King (28 février-3 mars 2007)
A Letter of Mary -Laurie R. King (4-27 mars 2007)
Le club Jane Austen - Karen-Joy Fowler (07-09 juillet 2007)
The Deathly Hallows -JK Rowlings (23-24 juillet 2007)
-----------------------------------
AVIS:
La face karchée de Nicolas Sarkozy (Hub's great gift) - Philippe Cohen, Richard Malka, et Riss (4 novembre) 8/10 : lecture indispensable pour faire un choix informé pour 2007 quelque soit ses opinions politiques. Tout ce que vous avez voulu savoir sur le parcours de N.S sans passer par la biographie hagiographique. A quand la pareille sur Ségolène ?
Du rêve pour les oufs -Faïza Guène (26 octobre 2006) 6,5/10 : lu pour les besoins mariannesques d'At , ce livre ne m'a guère impréssionnée...peut-être que ce n'est pas mon genre et certainement pas mon style (écrit comme on parle à l'oral et rédigé à la sauce d'jeuns). Mais j'ai apprécié le témoignage sociologique sur la vie en banlieue, le combat de ceux qui cherche à s'en sortir, le tiraillement entre la nation et le pays, un beau reportage mais un de là à le qualifier de roman mémorable? Le trait apparaît parfois forcé ou politiquement correct..., histoire de donner un frisson aux bons bourgeois que nous sommes ? Malgré ses qualités d'écriture, je trouve la personnalité de l'auteur captivante (quelle est la part de biographie ?) dont la jeunesse et l'ascension fulgurante ont fasciné les médias soudainement en alerte après les émeutes de l'automne dernier. Je suis bien curieuse de savoir ce que la demoiselle, surnommée la Sagan des cités, deviendra.
P.S: I Love You -Cecelia Ahern (18 janvier-25 janvier 2007) 6/10 : ce livre m'intriguait depuis que j'avais appris que c'était le "next big project" de la talentueuse Hillary Swank. Une curisosité attisée par la participation à cette adaptation du succulent James Marster alias Spike de Buffy. Une couche fut remise lorsque je découvris que l'auteur de ce roman n'était autre que la fille du Taoiseach irlandais (gaélique pour premier ministre, phonétiquement "tshock") Bertie Ahern et que ce livre s'était écoulé comme des petits pains. Une réputation, au final, digne de ma déception. L'intrigue est original -une jeune veuve qui reçoit chaque mois des lettres de son mari décédé pour l'aider à faire son deuil- mais qu'est ce que c'est mal écrit! Même moi je comprenais tout ! C'est du sous Bridget Jones malheureusement. Certes la lecture est agréable et on a envie de tourner la page mais après ça laisse autant de souvenirs qu'une bulle de savon. Peut-être l'un de ces cas d'école où le film est mieux que l'ouvrage dont il est issu after all...^^;;;
The Beekeeper's apprentice -Laurie R. King 7.5/10: Cet hommage (débusqué sur le LJ d'une x-filienne de talent foxestacado) au héros de Conan Doyle est agréablement savoureux et pique suffisament la curiosité pour que l'on lise avec plaisir cet Ersatz de Sherlock Holmes. Ou comment le grand détective de baker Street débusque lors d'une promenade sur les collines du Sussex un esprit digne d'être son apprenti, même si damn it, cette intelligence s'incarne dans une adolescente insolente. Par l'intrigue criminelle bien ficelée, la rivalité Holmes/ Russell et la suite des déductions présentées pour laquelle Mary comme le lecteur peine, on évite la Mary Sue géniale. Et je suis bien tentée de ma lancer à l'assaut de cette série de 7 volumes (bien que l'on dise la seconde moitié de la série décévante). Elémentaire mon cher Watson!
The Constant Princess -Philippa Gregory (oct. 2006- 27 février 2007) 7/10 : Enfin ! Après 4 mois de long chevet sur ma table de nuit, j'ai enfin trouvé la détermination d'en venir à bout au Cambodge et malgré tout une narration languissante, je suis plutôt satisfaîte. Malheureusement, ce tome n'est pas à la hauteur de la trilogie précédente The Other Boleyn Girl/ The Queen's fool et The Virgin's Lover, déjà un peu décevant. L'interprétation osée, polémique et romanesque de l'histoire des Tudors qui fait tout le piquant du style de Gregory n'intervient que dans le dernier tiers du roman (le mensonge de Catherine soupçonné par Henry , les avances de son beau-père H7, la claustrophobie qui enveloppe la court, l'ascendance prestigieuse de Catherine fille de Ferdinand d'Aragon et d'Isabelle la Catholique,et son désir d'être un monarque et un général de plein droit). Si son court mariage avec Arthur aura des lourdes conséquences comme le suggère avec une élégance elliptique l'épilogue lorsque Anne Boleyn entre en scène, cette profusion de sentimentalisme renforcée par une alternance redondante de narration à al prmière personne façon journal intime et focalisation externe allourdit le rhytme. En revanche, un des meilleurs points du roman est le parallèle entre la tolérance mauresque, les expulsions espagnoles et l'idéal du royaume de Grenade où se toléraient les trois religions du livre, et la prédominance actuelle des rivalités et incompréhensions entre ces mêmes confessions de nos jours. Bref, le cinquième tome détaillant la triste destinée de Katherine Howard, The Boleyn Inheritance, reste sur ma liste d'ouvrage à parcourir.
A Monstrous Regiment of Women - Laurie R. King (28 février-3 mars 2007) 8/10: Heureuse surprise que ce deuxième tome des aventures de Sherlock Holmes vieillissant et de sa disciple féministe Mary Russell. Toutes les qualités présentes dans le premier ouvrage sont renforcées. Belle peinture de la société anglaise des années 20 et des traumatismes laissés par la furie de 14-18, le renforcement du mouvement féministe et l'émancipations des Anglaises, tension accrue entre le maître et l'élève sur le point de se distancer de son pygmalion mais de précises introspections dans la pensée de l'héroïne (au sens de tous ses homonymes). Le tout donnant une intrigue policière halletante sur fond de secte féministe, d'enlèvement et de traffic de drogues opiacées.
A Letter of Mary -Laurie R. King (4-27 mars 2007) 7/10 : un tome plus lent qui laisse peut-être présagé de la décrue de la série mentionée ici et là. D'excellentes idées -ou comment Dan Brown avec son Da Vinci Code n'a rien inventé, Marie-Madeleine épouse de Jésus dans la littérature, King le précède de dix ans!-et une multitude de fausses pistes qui reflètent les raccourcis intellectuels des héros de Holmes à Mycroft en passant par Russel et une trop rapide évocation de la question palestinienne post déclaration Balfour... Tout cela rendu obsolète par une intrigue et un motif d'assassinat bien maîgres. On se sent un peu volé à la dernière page même si cela prouve que Holmes est faillible.
L'essentiel des institutions de l'Union Européenne Jean-Claude Zarka (27 avril-14 juin 2007) : ah les joies du bachotage appliquées à la délicieuse structure capilopractée de l'Union Européenne. Ai enfin compris ce que j'aurais dû maîtriser depuis ma première année d'IEP, en ai conçu beaucoup d'admiration pour les longues heures de négociations nécéssaires à l'aboutissement de traités si complexes.
Le club Jane Austen - Karen-Joy Fowler (07-09 juillet 2007) 7/10: Kipling est un génie, non seulement il commis le Livre de la Jungle mais on lui doit ce dicton plein de bon sens "Quand tout va mal, lisez du Jane Austen pour aller mieux" (je paraphrase, of course), et dieu merci ça marche ! Jane Austen comme des livres sur Jane. Ici en l'occurence, un ouvrage hommage à l'écrivain anglais. Le style a moins de verve et les intrigues se terminent toujours ridiculeusement bien mais mon âme se repaît de ses allusions et de cet optimisme raffraîchissant. Soit les histoires croisées de cinq Californiennes de tout âge, qui fondent un club de lecture, qui vise à analyser l'oeuvre de la dame de Bath. A chaque chapitre, un roman et au fil de leurs lectures, les héroïnes finissent par voir dans leurs existences de nombreuses similitudes avec celles de Marianne Dashwood, d'Emma ou d'Elizabeth Bennet (moi je n'ai tout de même pas trouvé ces parallèles très évidents). Le club Jane Austen avait, par le passé, attiré mon attention de par son titre, mais je dois avouer qu'une adaptation cinématographique dns les tuyaux (sortie automne 2007) avec la Shannon de Lost (Maggie Grace) m'a définitivement fait passer à l'acte. Léger comme une bulle de savon mais si doux !
The Deathly Hallows -JK Rowlings (23-24 juillet 2007) 7.75/10: Veni, vedi, vici, 640 pages dévorés en 12 heures de lectures dont une première tranche de huit heure sans arrât de 21h à 5h du mat' pour me lever aller bosser, plus jamais ça donc off to bed en attendant que mes yeux et doigts reprennent de leur agilité.
-Cécilia : Portrait d'Anna Bitton
-Les Mondes d'Aldébaran de Léo (cycle 1)
-Derniers rappels d'Alex Robinson
-Les Mondes d'Aldébaran : Betelgeuse de Léo (cycle 2)
-Twilight de Stephenie Meyer
-La bruyère incendiée de Colm Toibin
-Le président et moi de Philippe Ridet
-Le Clan des Otori (tome 1) de Lian Hearn
-Le Clan des Otori (tome 2) de Lian Hearn, lu en une matinée, cela fait longtemps que je n'avais pas été capable de signer un tel record.
-Le Clan des Otori (tome 3) de Lian Hearn, dévoré en 48 heures dans le désert chilien
-New Moon de Stephenie Meyer, attaquer le deuxième tome de la sage m'a pris deux mois, peut-être avais je besoin d'attendre la fin du tournage du film relatant le 1er tome mais au final un délicieux WE de nuits blanches à faire courir mon bras anchylosé sur les pages.
-Complots capitaux d'Olivier Delcroix, un collègue du bureau pour faire ma première vidéo en plateau, je me demande quelle pourra être le résultat final au vue de ma terreur.
-Eclipse de Stephenie Meyer, le diagnostique ne fait pas de doute, je suis mordue, peut-être est-ce cette confusion des sentiments exaltée mais il me tarde d'être en août pour boucler cette saga.
-Blankets : manteau de neige de Craig Thompson, Olivia continue ma culture BD...
- La Malédiction d'Edgar de Marc Dugain (8.5/10), pour poursuivre sur la vague des complots, un sublîme roman imaginant toutes les machinations qu'a initiées le redouté fondateur du FBI John Edgar Hoover dont le but ultime n'a été que de détruire par tous les moyens la maison Kennedy compromise jusqu'à la moelle avec la mafia et les femmes (Marilyn en victime sacrificielle). Le meilleur livre contemporain que j'ai dévoré depuis longtemps.
- The Moor de Laurie R. King Je me réaventure dans ce pastiche réussi des aventures de Sherlock Holmes vieillissant, qui pour un ami doit revenir sur les lieux de son enquête la plus célèbre, le manoir des Baskerville.
-Ne tirer pas sur l'oiseau moqueur de Harper Lee : le sud des Etats-Unis, sa moîteur, sa misère post 1929 et son racisme vu à travers les yeux d'une petite fille espiègle et garçon manqué qui se passionne pour l'affaire impossible à gagner que s'apprête à défendre son père, un avocat estimé. Un récit poétique, drôle et émouvant.
-The Boleyn Inheritance de Philippa Gregory : PG revient pour une fois en grande forme -sûrement l'effet Boleyn- et se penche sur les destins tragiques d'Anne de Cleves et Katherine Howard avec en second rôle plaisant à retrouver la diabolique et un peu lunatique Jane Boleyn et de temps en temps Mary. Pour une fois la narration à trois points de vue fonctionne bien.
-L'Attrape-Coeurs de Jerome David Salinger : décidée à poursuivre mon exploration de la littérature américaine contemporaine, je me suis plongée avec beaucoup d'espoir dans cette nouvelle que j'avais souvent entendu décrite comme le "livre culte et incontournable d'une génération". Las les quatre-cinquième du livre ont été un supplice avant que je comprenne et m'émeuve du sort de Holden Caulfield, adolescent en mal de vivre qui montre les prémices d'une grave maladie psychatrique la révélation touchante du roman comme son adoration pour sa petite soeur). En attendant, j'ai quand même suivi avec intérêt son portrait effrayant de la bourgeoisie new-yorkaise, un "Gossip Girl" chic des Sixties.
Salinger écrit dans un style décapant, le "je", le parler oral qui a inspiré tous les écrivains qui inondent désormais les étagères des libraires. Pas un paragraphe ne se passe sans que l'on trouve un "putain", "truc", "môme" et cette manière de rédiger le récit qui avait bouleversé les critiques m'a énormément génée, en Littéraire je fais partie des"Anciens" qui aiment lire les auteurs à la plume soignée.
-Sur la route de Jack Kerouac : échaudée par Salinger, j'avais des doutes quant à ma réception de Kerouac qui fut aussi l'apôtre d'un style libre et spontané et j'étais effrayée par les 500 pages du livre et ses premiers chapitres sans direction. A tort, "Sur la Route" est un immense récit de voyage halluciné semi(très)-autobiographique de voyage, un portrait tendre de l'Amérique au sortir de la guerre, de sa classe ouvrière, de ses paumés, de ses clochards, une ode aux pionners, à ses 51 états, à la nature et à la liberté. Peu importe les héros, au fil des pages, l'Oklaoma, Chicago, la somptueuse San Francisco s'offrent à nous. Sans aller à Roissy, l'odyssée, le périple de la route 66 est à portée de main. Précieux à défaut de réaliser un jour le Grand voyage à la recherche de ces Etats-Unis de jadis. Pour l'annecdote, le premier jet de "Sur la Route" fut rédigé en deux jours, sous drogue, sur du papier dérouleur à fax, pour ne pas couper le texte.
-Breaking Dawn de Stephenie Meyer : la fin de la saga vampiresque "Twilight". Un tome qui déborde de Happy Ends, de saccharine et pourtant je l'ai dévorée en 48 heures. On ne peut s'empêcher d'aimer et de souhaiter le meilleur aux personnages que l'on a suivi pendant trois tomes même si les rebondissements sont archi-prévisibles. Heureusement, vers les deux-tiers du roman, on assiste à un cours de géopolitique sur la société vampiresque, elle-aussi atteinte par la mondialisation, innatendu et palpitant. Bref, absolument pas le Roman fantastique du siècle, juste un plaisir coupable et une friandise d'été délicieuse.
- De Sang Froid de Truman Capote : Fin de ma phase littérature américaine contemporaine . L'ouvrage a fondé ce qu'on appelle le nouveau journalisme, soit l'application au journalisme et particulièrement aux faits divers de l'écriture romanesque. Truman C retrace dans ce livre l'histoire d'une tuerie d'une famille par deux petits escrocs pas plus méchants que ça à la base, un quadruple meurtre qui avait tenu en haleine l'Amérique des années 60. Capote s'est lié d'amitié avce les assassins et les a suivi durant toute la durée du procès. 10 ans et 8000 pages de notes plus tard, il a accouché d'un récit thriller palpitant et qui fait froid dans le dos, avec en filigranne ce qui contribue à la naissance des pires assassins. C'est comme lire les articles de fond de Match, très bien renseigné, impressionant (tant et si bien que j'ai bien cauchemardée après avoir tourné la dernière page).
-L'Ecume des Jours de Boris Vian. Je suis un peu déçue. Très poétique assurément mais bien plus hermétique que les "Fleurs Bleues" et rien n'est plus vexant qu'un livre dont on a du mal à saisir les jeux de mots et les métaphores filées. Les dernières pages les plus tristes et sanguinaires sont sans doute les meilleurs et moi aussi je suis devenue une fan de Jean-Sol Patre.
-Le Voyage dans le Passé de Stefan Zweig. Nouvelle inédite lue comme il se faut à Vienne. La magie de ce conteur de la tourmente des sentiments opère sans effort avec la pointe de nostalgie et de passion inassouvie qu'on lui connaît. Un voyage doux-amère dans les recoins sombres et emplis de doute du coeur.
- Nights in Rodanthe par Nicholas Sparks
-Sundays at Tiffany's par James Patterson et Gabrielle Charbonnet
-L'étrange histoire de Benjamin Button : Suivi de La lie du bonheur par Francis Scott Fitzgerald : la nouvelle n'a vraiment fait qu'inspirer le film, hormi leconcept d'un homme qui vieillit à l'envers on ne retrouve pas grand chose.
-Tendre est la nuit par F.Scott Fitzgerald : la violence passionnelle à la Tennessee William où le plus lucide n'est pas celui qu'on croit. Amours gâchées, amours usées.
-Amours en fuite par Bernhard Schlink : il y a un héros Schlinkien : lâche, hésitant, maladroit et autiste dans ses émotions, qui s'éveille trop tard à la vie.
samedi 7 octobre 2006
De profundis
Février 2004: Quelque part dans la campagne irlandaise dans les ruines d'une abbaye où le petit Oscar allait justement passer ses vacances.De profundis clamavi ad te Domine
Domine exaudi vocem meam fiant
aures tuae intendentes in vocem deprecationis meaesi iniquitates observabis Domine
Domine quis sustinebit
quia apud te propitiatio est propter
legem tuam sustinui te Domine
sustinuit anima mea in verbum eius
speravit anima mea in Domino (*)
Je sais que l'humeur blogspotienne est plutôt à la poésie ( pour l'anglophone j'aime beaucoup Never Give All the Heart de Yeats et la Belle Dame Sans Merci de Keats mais ce détail ne surprendra personne!). Cependant, ce soir j'avais envie de parler de mon cher Oscar. Mes doigts n'ont pas l'énergie de dire ce soir tout le bien que j'ai pensé de l'éventail de Lady Windermere, pièce hélas retirée de l'affiche, mais ils sont encore émus de leurs retrouvailles avec son De profundis.
De par son nom, éponyme du psaume 130 (en VF, des profondeurs) que nous avions étudié en latin (jolie construction avec ad), ce texte m'a énormément touchée car il recèle le même cri que la prière (utilisée dans le rituel catholique lors de la prière des morts) et plus loin dans cette longue missive, O.W retrouve son ironie mordante. Wilde l'a composé alors qu'il entamait sa deuxième année en prison et qu'il n'avait reçu aucune nouvelle de son amant, Alfred Bosie' Douglas. Leur liaison avait conduit le père du jeune homme à attaquer Wilde sur ses moeurs et à jeter le dramaturge en prison.
Voici quelques extraits du début de cet epistole de la vie carcérale:
"...Suffering is one very long moment. We cannot divide
it by seasons. We can only record its moods, and chronicle their
return. With us time itself does not progress. It
revolves. The paralysing immobility of a life every circumstance of
which is regulated after an unchangeable pattern, so that we eat and drink and
lie down and pray, according to the inflexible laws of an iron formula.(...)For us there is only one season, the season of sorrow.
The very sun and moon seem taken from us. Outside, the day may be blue and
gold, but the light that creeps down through the thickly-muffled glass of the
small iron-barred window beneath which one sits is grey and niggard. It is
always twilight in one's cell, as it is always twilight in one's heart.(...)When I was brought down from my prison to the Court of
Bankruptcy, between two policemen, - waited in the long dreary corridor that,
before the whole crowd, whom an action so sweet and simple hushed into silence,
he might gravely raise his hat to me, as, handcuffed and with bowed head, I
passed him by. Men have gone to heaven for smaller things than that.
It was in this spirit, and with this mode of love, that the saints knelt down to
wash the feet of the poor, or stooped to kiss the leper on the cheek. It
is not a thing for which one can render formal thanks in formal words. I
store it in the treasure-house of my heart. I keep it there as a secret
debt that I am glad to think I can never possibly repay. It is embalmed
and kept sweet by the myrrh and cassia of many tears. When wisdom has been
profitless to me, philosophy barren, the memory of that little, lovely, silent
act of love has unsealed for me all the wells of pity.I must say to myself that I ruined myself, and that nobody
great or small can be ruined except by his own hand. I am quite ready to
say so. I am trying to say so, though they may not think it at the present
moment. Terrible as was what the world did to me, what I did to myself was
far more terrible still."(*)Des profondeurs je t’appelle, Seigneur : Seigneur, entends ma voix ; que tes oreilles soient attentives à ma voix suppliante ! Si tu retiens les fautes, Seigneur ! Seigneur, qui subsistera ? Mais tu disposes du pardon et l’on te craindra. J’attends le Seigneur, j’attends de toute mon âme et j’espère en sa parole.
lundi 2 octobre 2006
Orgueil et Préjugés (dédicace à 'Ry, Iphia et toutes les autres!)
Entrée dédiée aux distingué(e)s admiratrices de Melle Jane Austen et de sa plus belle création/ture...
Mon coeur se conssumme depuis des années d'une passion jamais chancelante pour un seul homme (et même pas Irlandais, nah!), j'ai nommé et je me prosterne devant M. Darcy, ténébreux héros né de la plume de la délicate Jane Austen. Ame torturée et de prime abord profondément associal, une faille qui cache un homme réservé, écrasé par les responsabilités de son rang et généreux, il est l'auteur d'une des plus émouvantes et calamiteuses déclarations d'amour de la littérature(*).
Notre première rencontre ? Comment pourrais-je oublier ce moment de grâce télévisuelle éternelle ? Ce fut un samedi soir devant TMC qui diffusait la brillante adaptation, made in BBC, de ce classique anglais. A jamais, désormais pour moi, Fitzwilliam Darcy of Pemberley and owner of the half of Derbyshire with 10.000 £ a year, prendra les traits du sombre Colin Firth pendant que les yeux impertinents d'Elizabeth appartiennent à la méconnue et blonde Jennifer Ehle.
Des délices qu'il faut partager, surtout une fois qu'on a gouté au poison austenien via le récent Pride and Prejudice de Joe Wright
qui mettait en scène la virginale Keira Knightley. Parce que tu te demandais, 'Ry, à quoi pouvait ressembler cette version 'beeb' d'Orgueil et Préjugés, voici un avant-goût de ce trésor...c'est aussi la musique -Nothing Else Matters par Apolyptica- qui m'a fait penser à toi, je suis sûre que tu apprécieras !
Si je n'avais pas posé les yeux sur ce bijou, j'aurais eu un coup de foudre tout aussi puissant pour l'oeuvre de Joe Wright. Ce film brille par une esthétique et des jeux de caméra époutousflants qui magnifient cette histoire d'amour.
La distribution des rôles est soignée, surpasse pour les personnages secondaires de Jane, Lady Catherine et Whickham, cette fois-ci beau comme un dieu les six épisodes bbciens, une réussite moins évidente avec Keira, le livre précise qu'Elizabeth n'est pas une "beauté classique" ou avec Matthew qui ne dégage pas à mes yeux conquis le même charisme que Colin. Mais en deux heures, on ne lui donne pas beaucoup de péllicule.
L'enthousiasme de Keira et Matthew est sincère mais il manque un petit je-ne-sais-quoi, pour moi, la patte austenienne. Pour tenir en format cinéma, l'intrigue a été raccourcie (quid de la rencontre entre Darcy et Jane à Londres ?, de la lettre d'explications bien plus déchirante? et de la deuxième soeur de Bingley ?) tout se telescope alors que dans le livre le pas est lent (9 mois à un an).
Mon coeur se conssumme depuis des années d'une passion jamais chancelante pour un seul homme (et même pas Irlandais, nah!), j'ai nommé et je me prosterne devant M. Darcy, ténébreux héros né de la plume de la délicate Jane Austen. Ame torturée et de prime abord profondément associal, une faille qui cache un homme réservé, écrasé par les responsabilités de son rang et généreux, il est l'auteur d'une des plus émouvantes et calamiteuses déclarations d'amour de la littérature(*).Notre première rencontre ? Comment pourrais-je oublier ce moment de grâce télévisuelle éternelle ? Ce fut un samedi soir devant TMC qui diffusait la brillante adaptation, made in BBC, de ce classique anglais. A jamais, désormais pour moi, Fitzwilliam Darcy of Pemberley and owner of the half of Derbyshire with 10.000 £ a year, prendra les traits du sombre Colin Firth pendant que les yeux impertinents d'Elizabeth appartiennent à la méconnue et blonde Jennifer Ehle.
Des délices qu'il faut partager, surtout une fois qu'on a gouté au poison austenien via le récent Pride and Prejudice de Joe Wright
qui mettait en scène la virginale Keira Knightley. Parce que tu te demandais, 'Ry, à quoi pouvait ressembler cette version 'beeb' d'Orgueil et Préjugés, voici un avant-goût de ce trésor...c'est aussi la musique -Nothing Else Matters par Apolyptica- qui m'a fait penser à toi, je suis sûre que tu apprécieras !
Si je n'avais pas posé les yeux sur ce bijou, j'aurais eu un coup de foudre tout aussi puissant pour l'oeuvre de Joe Wright. Ce film brille par une esthétique et des jeux de caméra époutousflants qui magnifient cette histoire d'amour.La distribution des rôles est soignée, surpasse pour les personnages secondaires de Jane, Lady Catherine et Whickham, cette fois-ci beau comme un dieu les six épisodes bbciens, une réussite moins évidente avec Keira, le livre précise qu'Elizabeth n'est pas une "beauté classique" ou avec Matthew qui ne dégage pas à mes yeux conquis le même charisme que Colin. Mais en deux heures, on ne lui donne pas beaucoup de péllicule.
L'enthousiasme de Keira et Matthew est sincère mais il manque un petit je-ne-sais-quoi, pour moi, la patte austenienne. Pour tenir en format cinéma, l'intrigue a été raccourcie (quid de la rencontre entre Darcy et Jane à Londres ?, de la lettre d'explications bien plus déchirante? et de la deuxième soeur de Bingley ?) tout se telescope alors que dans le livre le pas est lent (9 mois à un an).Deux interprétations fantaisistes frisent particulièrement le contre sens. Dans le livre, il est précisé que Longbourn est rattaché à des fermes puisque M. Bennet est un petit gentleman et propriétaire terrien. Mais Longbourn est la demeure familiale entourée d'un jardin et aux alentours des champs. Mais jamais comme le film le suggère, Longbourn n'est mitoyen de la ferme. Cet adaptation est génante car elle affaiblit un des arguments d'Elizabeth (que le fil logiquement n'a pas joué à fond) qu'elle est ' a gentleman's daughter', que par conséquent Darcy puis Lady Catherine sont injurieux dans leur condescendance. Par ailleurs, Joe Wright prend le parti de montrer l'exubérance de Jane et Lizzy : elles rient, parfois peu poliment (cela ressemble à des grognements), écoutent aux portes mais qu'est ce qui les distinguent donc de la frivolité et l'absence de manière de Kitty et Lydia? pourtant mainte fois soulignées dans le livre et commentées par Darcy qui lui confie 'que jamais elle ni jane n'ont fait preuve d'un manque de convenance'.
La pudeur et la passion contenue à grand peine (la Raison contre les Sentiments comme cet autre chef d'oeuvre de la dame de Bath) qui ronge les personnages est à peine esquissée. Ni Joe Wright, ni Keira, ni Matthew n'ont lu le livre et c'est ce qui leur donnait cet extrême liberté de ton, que j'ai appréciée hein, très moderne, voire trop comtemporaine parfois... Chez Austen tout passe par des regards, par des comtemplations, par la sensualité et par des non-dits. Jamais à la régence on aurait vu Elizabeth errer en chemise de nuit ou Darcy l'aborder en pleine nature sous le kiosque ou énamourré au point de s'écrier "I love, I love, I love you" le col de sa chemise déboutonnée ou Bingley revenir derechef pour se mettre à genoux devant Jane.
Toute cette comunication silencieuse qui montre le basculement des deux protagonistes a disparu, or cela leur donnait toute leur profondeur. Et lorsque j'ai vu ce montage musical (dans les semaines à venir ils vont faire une grande concurrence au théâtre ^^^;;), j'ai retrouvé à nouveau cette passion réfrénée: de la rencontre impromptue du billard à leur danse (très bien montrée par Wright également) en passant par la rédaction à l'unique larme et la remise de LA LETTRE, les retrouvailles à Pemberley. Colin Firth aura toujours le visage impassible, ses yeux seuls trahissent ses agonies (cf 2'O5'').Enfin, je vais m'arrêter car peut-être en tant que lectrice d'Orgeil et Préjugés tu as une opinion radicalement différente ^___________^
(*) avec celle de Valmont dans sa lettre à Mme de Tourvel sur le dos d'Emilie. Bien que les deux ouvrages soient aux antipodes, ils sont tout deux mes bibles de chevet, des livres qui m'ont laissé le coeur chamboulé, car au fond les Liaisons Dangereuses ne sont-elles pas la vision noire, cynique et hyper-réaliste du romantisme d'Orgueil et Préjugés ?)Et je n'oublie pas d'avoir vécu une semaine paradisiaque sur les traces de Melle Austen et des lieux de tournage de la BBC à l'été 2001. Le Derbyshire rivalise d'atouts avec le Connemara :-)
PS : pour une comparaison en image entre les deux films, deux petites merveilles de drôlerie sonore dénichée (toujours) sur youtube :
1ère partie
2ème partie
Et deux images insolites pour conclure:
Des coulisses de P&P... (Darcy, Bingley-joué par le cousin d'Helena Bonham Carter, Crispin- et Elizabeth)
...à Bridget Jones (relecture moderne et célibattante d'Orgueil et Préjugés!), lol à la polissonerie de Mister Hugh Grant Merci à Touraine sereine pour m'avoir référencé dans une note sur une autre adaptation d'Orgueil et Préjugés, celle de Laurence Olivier. Ma reflexion était plus personnelle qu'argumentée donc c'est une sympathique attention!
samedi 23 septembre 2006
La dernière nuit pour Marie Stuart
S
i la vanité et la luxure sont un péché, alors j'ai fauté! Pendant des mois, l'affiche placée sur le kiosque au croisement de l'institut du Monde Arabe et de Jussieu n'a céssé de me faire des propositions indécentes. Un serpent tentateur qui tient en neuf mots La dernière nuit pour Marie Stuart avec Isabelle Adjani. Le chien pavlovien qui sommeille en moi s'est aussitôt mis à saliver...
Quoi la sublîme interprète de la Reine Margot (pour tous ceux qui en doutent ou qui ne tombent pas sous le charme de -l'anatomie, ahem- de Vincent Perez, le visionnage de la scène du mariage est impératif ou comment le oui est arraché des lèvres de Marguerite de Valois par le poing décidé de Charles IX. Pour mémoire, j'avais même désobéi à la loi, âgée de 11 ans, j'avais déclaré la main sur le coeur en avoir 12, c'était l'époque où on me donnait encore le bon dieu sans confession!) allait préter son visage à la mythique reine d'Ecosse (et de France et d'Angleterre ce qui causa sa perte), épouse éphémère du non moins bref roi de France, François II (et donc belle-soeur de Margot vous suivez ?^^), meurtrière de son deuxième mari, amazone inconsciente et pourtant mère du future roi d'Angleterre, mais qui à force de complôts maladroits et caballes fut décapitée sur ordre de sa cousine Elizabeth I et où le bourreau maladroit s'y repris à trois fois (eeerk) ? Autrememnt deux de mes passions là encore en un même lieu !
Toute l'année j'ai résisté vaillement, pretextant le prix des places ou la qualité incertaine de la pièce composée par un auteur méconnu alors que sur le même sujet Schiller, lui-même, avait écrit! Et puis lorsque vinrent les feux de la rentrée théâtrale, une succession de couvertures glamour par les démoniaques Figaro Magazine et Paris Match eut raison de ma lucidité et je craquai. Pourtant l'absence de générales pour les critiques et le titre laconique d'une dépèche AFP, inhabituellement cassante ("Adjani triomphe dans Marie Stuart malgré un texte faible") auraient dû m'alerter mais qu'importe quand on adore, on devient fou!
Arrivée au Marigny, nous sommes accueillies comme des princesses avec programme soigné et rempli de publicités qui nous laisse entreapercevoir des costumes enchanteurs tandis qu'en face de nous se dresse la scène, un imposant mur-prison-citadelle tout en rouge sang.
L'instant où Isabelle apparaît le public laisse passer un souffle puis l'applaudit avant de retomber dans la surprise de son apparence. Campant une reine emprisonnée au crépuscule de sa vie, elle est méconaissable : petite vieille vétue d'une chemise d'aliénée, la figure arrondie, le cheveu sale...
Comme je le craignais, la prose de l'Allemand Wolgang Hildesheimer est insignifiante et soporifique, trop dans l'introspection. Où est le drame, la tension, le dilemne, la tragédie ? sûrement pas dans les personnages secondaires complètement bâclés à l'exception du préparateur et de l'assistant du bourreau (un ex du Stade Français) qui étant muet n'a aucune ligne inutile à délivrer ce dont le spectateur lui est reconnnaissant.
Heureusement il y a la reine Isabelle qui choisit avec brio le registre de la suppliciée ayant rendu son âme à la flamme de la folie : de la rédaction d'un testament sans cesse interrompu à la procession mortuaire de ces chiens empaillés dans leurs cercueils au fond bien plus fidèles et aimant que ses serviteurs... Souvent poignante qu'on passe outre les faiblesses du reste. Comment ne pas voir Isabelle plutôt que Marie lorsqu'Adjani lance à la foule/public venu admirer son exécution : "tout le monde a ici une idée préconçue de moi, ils croient savoir qui je suis et ils se trompent", "Ne me regardez pas. Mon corps, mon visage. Je ne me reconnais plus." ou "les rumeurs m'ont tuée."... dans ce moment les cordes de notre émotion frémissent. A d'autres moments sa voix de braise sans larme frappe par sa monotonie et on aurait apprécié moins de retenue, d'appels à Dieu et à la raison.
La garde est baissée seulement dans les dernières répliques lors de la préparation mortuaire, qui voit le lynchage du pharmacien pour cause de confession non catholique, les adieux de Marie, qui au moment de poser sa tête sur le billot dans sa robe blanche d'où on enlève la fraise fait le saut de l'ange avant que le rideau-hâche ne tombe sous un tonnerre d'applaudissements.
Oui je vous assure, c'est bien Isabelle Adjani la dame blanche et floue au centre de mon objectif hiératique!
i la vanité et la luxure sont un péché, alors j'ai fauté! Pendant des mois, l'affiche placée sur le kiosque au croisement de l'institut du Monde Arabe et de Jussieu n'a céssé de me faire des propositions indécentes. Un serpent tentateur qui tient en neuf mots La dernière nuit pour Marie Stuart avec Isabelle Adjani. Le chien pavlovien qui sommeille en moi s'est aussitôt mis à saliver...
Quoi la sublîme interprète de la Reine Margot (pour tous ceux qui en doutent ou qui ne tombent pas sous le charme de -l'anatomie, ahem- de Vincent Perez, le visionnage de la scène du mariage est impératif ou comment le oui est arraché des lèvres de Marguerite de Valois par le poing décidé de Charles IX. Pour mémoire, j'avais même désobéi à la loi, âgée de 11 ans, j'avais déclaré la main sur le coeur en avoir 12, c'était l'époque où on me donnait encore le bon dieu sans confession!) allait préter son visage à la mythique reine d'Ecosse (et de France et d'Angleterre ce qui causa sa perte), épouse éphémère du non moins bref roi de France, François II (et donc belle-soeur de Margot vous suivez ?^^), meurtrière de son deuxième mari, amazone inconsciente et pourtant mère du future roi d'Angleterre, mais qui à force de complôts maladroits et caballes fut décapitée sur ordre de sa cousine Elizabeth I et où le bourreau maladroit s'y repris à trois fois (eeerk) ? Autrememnt deux de mes passions là encore en un même lieu !Toute l'année j'ai résisté vaillement, pretextant le prix des places ou la qualité incertaine de la pièce composée par un auteur méconnu alors que sur le même sujet Schiller, lui-même, avait écrit! Et puis lorsque vinrent les feux de la rentrée théâtrale, une succession de couvertures glamour par les démoniaques Figaro Magazine et Paris Match eut raison de ma lucidité et je craquai. Pourtant l'absence de générales pour les critiques et le titre laconique d'une dépèche AFP, inhabituellement cassante ("Adjani triomphe dans Marie Stuart malgré un texte faible") auraient dû m'alerter mais qu'importe quand on adore, on devient fou!
Arrivée au Marigny, nous sommes accueillies comme des princesses avec programme soigné et rempli de publicités qui nous laisse entreapercevoir des costumes enchanteurs tandis qu'en face de nous se dresse la scène, un imposant mur-prison-citadelle tout en rouge sang.
L'instant où Isabelle apparaît le public laisse passer un souffle puis l'applaudit avant de retomber dans la surprise de son apparence. Campant une reine emprisonnée au crépuscule de sa vie, elle est méconaissable : petite vieille vétue d'une chemise d'aliénée, la figure arrondie, le cheveu sale...Comme je le craignais, la prose de l'Allemand Wolgang Hildesheimer est insignifiante et soporifique, trop dans l'introspection. Où est le drame, la tension, le dilemne, la tragédie ? sûrement pas dans les personnages secondaires complètement bâclés à l'exception du préparateur et de l'assistant du bourreau (un ex du Stade Français) qui étant muet n'a aucune ligne inutile à délivrer ce dont le spectateur lui est reconnnaissant.
Heureusement il y a la reine Isabelle qui choisit avec brio le registre de la suppliciée ayant rendu son âme à la flamme de la folie : de la rédaction d'un testament sans cesse interrompu à la procession mortuaire de ces chiens empaillés dans leurs cercueils au fond bien plus fidèles et aimant que ses serviteurs... Souvent poignante qu'on passe outre les faiblesses du reste. Comment ne pas voir Isabelle plutôt que Marie lorsqu'Adjani lance à la foule/public venu admirer son exécution : "tout le monde a ici une idée préconçue de moi, ils croient savoir qui je suis et ils se trompent", "Ne me regardez pas. Mon corps, mon visage. Je ne me reconnais plus." ou "les rumeurs m'ont tuée."... dans ce moment les cordes de notre émotion frémissent. A d'autres moments sa voix de braise sans larme frappe par sa monotonie et on aurait apprécié moins de retenue, d'appels à Dieu et à la raison.
La garde est baissée seulement dans les dernières répliques lors de la préparation mortuaire, qui voit le lynchage du pharmacien pour cause de confession non catholique, les adieux de Marie, qui au moment de poser sa tête sur le billot dans sa robe blanche d'où on enlève la fraise fait le saut de l'ange avant que le rideau-hâche ne tombe sous un tonnerre d'applaudissements.Oui je vous assure, c'est bien Isabelle Adjani la dame blanche et floue au centre de mon objectif hiératique!
Car au fond, nous ne sommes venues que pour elle, et c'est tout à son honneur d'insuffler passion et talent dans un texte invisible et d'arriver à nous faire trembler. Très vite les camarades d'Adjani lui abandonnent la scène pour un long salut-communion avec les spectateurs.
Et même si je suis un peu déçue, je ne regrette point mon moment d'égarement: Isabelle, si tu joues Phèdre, Andromaque ou Médée je serai là ^________^
Et même si je suis un peu déçue, je ne regrette point mon moment d'égarement: Isabelle, si tu joues Phèdre, Andromaque ou Médée je serai là ^________^
lundi 18 septembre 2006
Où l'on reparle d'Anne et Mary Boleyn
A EP et VG, j'espère que cette entrée les fera sourire!
En attendant que mes impressions adjanistes-stuartiennes s'inscrivent en ces lieux car mes entrées théâtre ont pris du retard...
Car bien plus vite que je ne l'espérais parviennent à nos oreilles des nouvelles de The other Boleyn Girl en tournage à Londres ces jours-ci. Grâce aux paparazzi, des premières images ont filtrées.
En attendant que mes impressions adjanistes-stuartiennes s'inscrivent en ces lieux car mes entrées théâtre ont pris du retard...
Non je n'irai pas asseoir mon séant sur les siège Nina Ricci du MK2 bibliothèque et ce dés le mercredi soir et ce quelques soient les critiques.
En toute honnêteté...
Ce n'est pas que ça me ronge, ça me consume. (c) ^^ Mais ici point de démons suskindiens, mon âme est toute acquise aux affres tudoriens!
Ce n'est pas que ça me ronge, ça me consume. (c) ^^ Mais ici point de démons suskindiens, mon âme est toute acquise aux affres tudoriens!
Car bien plus vite que je ne l'espérais parviennent à nos oreilles des nouvelles de The other Boleyn Girl en tournage à Londres ces jours-ci. Grâce aux paparazzi, des premières images ont filtrées. Finalement, Natalie Portman a été préférée à Keira Knightley et je n'en suis pas mécontente. Si Nat' joue aussi bien que dans Closer, on est en droit d'attendre une bonne surprise. Mais quand même déjà une petite deception, Henry VIII n'était-il pas un peu rouquin sur les bords alors que M. Bana est on ne peut plus brun ? En tout cas, les deux filles ont plutôt l'air de bien s'entendre!
Courage, plus que 18 mois à attendre! J'espère que The Golden Age elizabethéen avec Cate Blanchett débarquera plus vite sur nos écrans pour m'aider à patienter!
samedi 1 juillet 2006
L'autre fille Boleyn


Que se passe-t-il lorsque Padme Amidala recontre Hector de Troie ? Un nouvel épisode de Xena ? Pas le moins du monde! Bien au contraire, leur union improbable donnera naissance à un énième films historique tudorien. Après Elizabeth, ce sont ses parents qui ont les honneurs du 7ème art puisque Nathalie Portman et Eric Bana sont en sérieuse discussion (d'après le site cinéphile empireonline.com) pour endosser les rôles d'Anne Boleyn (une lointaine précurceuse de Marie-Antoinette!) et Henry VIII dans the Other Boleyn Girl.
Un projet que j'attendais depuis longtemps après avoir lu le livre éponyme de Philippa Gregory, une romancière anglaise qui se spécialise dans le roman historique de la Renaissance à la Révolution. Ce que j'apprécie dans son oeuvre (1), c'est que cette écrivain revisite avec habilité les aventures archiconnues d'Henry VIII et de ses six femmes ("Henry the Eighth was six times wedded; two he divorced, two beheaded..." )avec originalité.
The Other Boleyn Girl ne racontait pas tant l'histoire d'Anne que celle de sa soeur Mary et en filigranne de leur frère George (un pion malgré lui dans la condamnation à mort d'Anne sous pretexte douteux d'inceste, d'infidélité et de sorcellerie, trahi par sa propre et fort jalouse femme). Car bien avant de s'enticher de la brune et très intelligente Anne pour qui il rompit avec Rome, Henry s'était amouraché de sa soeur, la blonde et naïve Mary qui se désintéresse complètement des intrigues de sa famille, courtisans de père en fils, qui cherchent à asseoir leur position à la Cour.
Anne et Mary Boleyn
Le livre suit donc les impressions de Mary de son introduction à la Cour aux faveurs du Roi, à son mariage de complaisance pour légitimer ses bâtards, à son éffacement au profit de la plus politique Anne, qui suit les consignes familiales, en passant par la répudiation de Catherine d'Aragon, l'obsession d'Henry VIII pour enfanter un fils, la naissance decevante d'Elizabeth, à la chute d'Anne. Et regarder l'histoire par le petit bout de la lorgnette ou des femmes est ce que je préfère d'où mon enthousiasme invétéré pour ce roman qui évoque avec grâce les rumeurs les plus farfelues sur l'étonnante Anne des 1000 jours (ses motivatioons pour devenir reine- sentiments ou vengeance-, la longue seduction qu'elle imposa au roi à la nature de ses relations avec son frère). Or Mary comme de nombreux personnages restées à l'ombre des plumes des chercheurs fut plus qu'un faire-valoir. Henry se justifiant de sa liaison avec elle, put outre les motifs évoqués ci dessus annuler son mariage avec Anne Boleyn.
Dés que j'ai posé ce roman, je me suis demandée ce que cela pourrait donner à l'écran. J'eus une fausse joie quand je réalisai que la BBC en avait déjà fait une adaptation. Outre des critiques mitigées, cette version n'était pas disponible en video! Alors une adaptation sur grand écran, quelle aubaine !
D'autant plus que de bonnes conditions sont réunies pour produire un long-métrage de qualité. A la caméra, Justin Chadwick à qui on doit cette merveille (encore pour la BBC) qu'est Bleak House et au scénario Peter Morgan, responsable du solide bien que parfois fantaisiste Henry VIII de ITV (le TF1 britannique, une mini-série très agréable à l'oeuil lorsque j'ai mis la main dessus)! ainsi que d'une fiction sur Elizabeth. Bref il s'y connaît en Tudor!
Une inconnue de taille demeure pourtant. Qui va donc interprété Mary (ironiquement la seule survivante des Boleyn) ? des rumeurs persistantes scandent le nom de Keira Knightley. Un choix que je trouverai très drôle mais pas inintéréssant sachant que Keira interprétait dans la menace fantôme, Sabé, la doublure, le leurre de Padmé alias Natalie ! Le monde est petit! (2) et la ressemblance entre les deux "soeurs" assurée (sans compter que Portman ne joue pas si mal!)
Bref vive 2008 (date probable de sa sortie ainsi que de celle de Harry Potter et le prince de sang mélé!)
(1)*The Constant Princess --> Catherine d'Aragon
*The Other Boleyn Girl --> Catherine d'Aragon/Anne et Mary Boleyn/ Jane Seymour*The Queen's Fool --> Edward VI & Mary Tudor
*The Virgin's Lover --> Elizabeth I
*The Boleyn Inheritance~The Last Boleyn --> Katherine Howard (desesperate housewife n°5, cousine d'Anne Boleyn, et elle aussi décapitée)
(2) Pour les amateurs du jeux " 6 degrees of", une autre annecdote amusante. Si Justin a dirigé Gillian Anderson dans "Bleak House", Peter Morgan a lui écrit le scénario de "The Last King of Scotland" où elle joue un petit rôle. Des bruits de couloirs murmurent une possible nomnation pour meilleur film ou meilleur acteur pour Forrest Whitaker qui préte ses traits au dictateur ougandais Idi Amin aux Oscars 2007. Wait and See!
Inscription à :
Articles (Atom)




