lundi 2 octobre 2006

Orgueil et Préjugés (dédicace à 'Ry, Iphia et toutes les autres!)

Entrée dédiée aux distingué(e)s admiratrices de Melle Jane Austen et de sa plus belle création/ture...

Mon coeur se conssumme depuis des années d'une passion jamais chancelante pour un seul homme (et même pas Irlandais, nah!), j'ai nommé et je me prosterne devant M. Darcy, ténébreux héros né de la plume de la délicate Jane Austen. Ame torturée et de prime abord profondément associal, une faille qui cache un homme réservé, écrasé par les responsabilités de son rang et généreux, il est l'auteur d'une des plus émouvantes et calamiteuses déclarations d'amour de la littérature(*).

Notre première rencontre ? Comment pourrais-je oublier ce moment de grâce télévisuelle éternelle ? Ce fut un samedi soir devant TMC qui diffusait la brillante adaptation, made in BBC, de ce classique anglais. A jamais, désormais pour moi, Fitzwilliam Darcy of Pemberley and owner of the half of Derbyshire with 10.000 £ a year, prendra les traits du sombre Colin Firth pendant que les yeux impertinents d'Elizabeth appartiennent à la méconnue et blonde Jennifer Ehle.

Des délices qu'il faut partager, surtout une fois qu'on a gouté au poison austenien via le récent Pride and Prejudice de Joe Wright qui mettait en scène la virginale Keira Knightley. Parce que tu te demandais, 'Ry, à quoi pouvait ressembler cette version 'beeb' d'Orgueil et Préjugés, voici un avant-goût de ce trésor...c'est aussi la musique -Nothing Else Matters par Apolyptica- qui m'a fait penser à toi, je suis sûre que tu apprécieras !



Si je n'avais pas posé les yeux sur ce bijou, j'aurais eu un coup de foudre tout aussi puissant pour l'oeuvre de Joe Wright. Ce film brille par une esthétique et des jeux de caméra époutousflants qui magnifient cette histoire d'amour.

La distribution des rôles est soignée, surpasse pour les personnages secondaires de Jane, Lady Catherine et Whickham, cette fois-ci beau comme un dieu les six épisodes bbciens, une réussite moins évidente avec Keira, le livre précise qu'Elizabeth n'est pas une "beauté classique" ou avec Matthew qui ne dégage pas à mes yeux conquis le même charisme que Colin. Mais en deux heures, on ne lui donne pas beaucoup de péllicule.

L'enthousiasme de Keira et Matthew est sincère mais il manque un petit je-ne-sais-quoi, pour moi, la patte austenienne. Pour tenir en format cinéma, l'intrigue a été raccourcie (quid de la rencontre entre Darcy et Jane à Londres ?, de la lettre d'explications bien plus déchirante? et de la deuxième soeur de Bingley ?) tout se telescope alors que dans le livre le pas est lent (9 mois à un an).
Deux interprétations fantaisistes frisent particulièrement le contre sens. Dans le livre, il est précisé que Longbourn est rattaché à des fermes puisque M. Bennet est un petit gentleman et propriétaire terrien. Mais Longbourn est la demeure familiale entourée d'un jardin et aux alentours des champs. Mais jamais comme le film le suggère, Longbourn n'est mitoyen de la ferme. Cet adaptation est génante car elle affaiblit un des arguments d'Elizabeth (que le fil logiquement n'a pas joué à fond) qu'elle est ' a gentleman's daughter', que par conséquent Darcy puis Lady Catherine sont injurieux dans leur condescendance. Par ailleurs, Joe Wright prend le parti de montrer l'exubérance de Jane et Lizzy : elles rient, parfois peu poliment (cela ressemble à des grognements), écoutent aux portes mais qu'est ce qui les distinguent donc de la frivolité et l'absence de manière de Kitty et Lydia? pourtant mainte fois soulignées dans le livre et commentées par Darcy qui lui confie 'que jamais elle ni jane n'ont fait preuve d'un manque de convenance'.

La pudeur et la passion contenue à grand peine (la Raison contre les Sentiments comme cet autre chef d'oeuvre de la dame de Bath) qui ronge les personnages est à peine esquissée. Ni Joe Wright, ni Keira, ni Matthew n'ont lu le livre et c'est ce qui leur donnait cet extrême liberté de ton, que j'ai appréciée hein, très moderne, voire trop comtemporaine parfois... Chez Austen tout passe par des regards, par des comtemplations, par la sensualité et par des non-dits. Jamais à la régence on aurait vu Elizabeth errer en chemise de nuit ou Darcy l'aborder en pleine nature sous le kiosque ou énamourré au point de s'écrier "I love, I love, I love you" le col de sa chemise déboutonnée ou Bingley revenir derechef pour se mettre à genoux devant Jane.

Toute cette comunication silencieuse qui montre le basculement des deux protagonistes a disparu, or cela leur donnait toute leur profondeur. Et lorsque j'ai vu ce montage musical (dans les semaines à venir ils vont faire une grande concurrence au théâtre ^^^;;), j'ai retrouvé à nouveau cette passion réfrénée: de la rencontre impromptue du billard à leur danse (très bien montrée par Wright également) en passant par la rédaction à l'unique larme et la remise de LA LETTRE, les retrouvailles à Pemberley. Colin Firth aura toujours le visage impassible, ses yeux seuls trahissent ses agonies (cf 2'O5'').

Enfin, je vais m'arrêter car peut-être en tant que lectrice d'Orgeil et Préjugés tu as une opinion radicalement différente ^___________^


(*) avec celle de Valmont dans sa lettre à Mme de Tourvel sur le dos d'Emilie. Bien que les deux ouvrages soient aux antipodes, ils sont tout deux mes bibles de chevet, des livres qui m'ont laissé le coeur chamboulé, car au fond les Liaisons Dangereuses ne sont-elles pas la vision noire, cynique et hyper-réaliste du romantisme d'Orgueil et Préjugés ?)Et je n'oublie pas d'avoir vécu une semaine paradisiaque sur les traces de Melle Austen et des lieux de tournage de la BBC à l'été 2001. Le Derbyshire rivalise d'atouts avec le Connemara :-)

PS : pour une comparaison en image entre les deux films, deux petites merveilles de drôlerie sonore dénichée (toujours) sur youtube :


1ère partie
2ème partie

Et deux images insolites pour conclure:

Des coulisses de P&P... (Darcy, Bingley-joué par le cousin d'Helena Bonham Carter, Crispin- et Elizabeth)
...à Bridget Jones (relecture moderne et célibattante d'Orgueil et Préjugés!), lol à la polissonerie de Mister Hugh Grant
Merci à Touraine sereine pour m'avoir référencé dans une note sur une autre adaptation d'Orgueil et Préjugés, celle de Laurence Olivier. Ma reflexion était plus personnelle qu'argumentée donc c'est une sympathique attention!

8 commentaires:

Elaurys Nathiel a dit…

Marchi de cette belle petite enquête comparative !

Ry, encore un peu endormie mais ravie :)

Anonyme a dit…

Très beau morceau de bravoure et de sensibilité.
Question : que faire lorsqu'on est amoureuse d'un Darcy ? Désespérer ou persévérer ? Je ne sais pourquoi, mais je sens que tu as la réponse !
Laurence, qui te lit toujours avec plaisir.

Andrea a dit…

A 'Ry : effectivement lire un tel pavé tôt le matin a de quoi sonner au réveil mais si la vidéo t'a plu, j'espère que c'est une petite compensation!

A Laurence : Contente de vous savoir toujours ici et d'avoir continué à suivre ce blog malgré ces mises à jour hiératique. ^__^

Que faire quand on est amoureuse d'un Darcy bonne question! En l'absence d'une incarnation corporelle, de temps en temps une piqure de rappel de cette saga BBCienne s'impose! C'est la solution choisie par Bridget Jones dans son premier journal :) En tout cas cette entrée a suscité deux mises en lien sur deux autres sites, c'est bien la première fois que ça m'arrive, je suis satisfaite de voire que même en France Fitzwilliam D. fait chavirer les coeurs!

Anonyme a dit…

En fait, la question "que faire quand on est amoureuse d'un Darcy", je te la posais À TOI !
et, deuxième question : peut-on être déçue par un Darcy ?
Ton point de vue m'intéresse !

Andrea a dit…

Que faire quand on aime un Darcy ? Bien pour paraphraser l'enigmatique Galadriel dans le Seigneur des anneaux, 2fear, fall and despair."

Et puis quelquefois quand l'histoire finit bien, toute cette patience est recompensee :p Bref tout ca pour dire que fqire lq cour a un darcy, ca doit etre fatiguant tant qu'il n'est pas ouvertement enamourre de vous.

Peut-on etre decu, oui comme tous les hommes je suppose, il n'est pas un superheros ni un chevalier servant. Vivre avec quelqu'un d'introverti, crispe, distqnt n'est pas evident. Et au fond toute la question est de savoir si Darcy de toutes ses quqlites est-il plus protecteur qu'autoritaire ou l'inverse ? Sous la pression de ses pairs, est-il confor;iste ? D'ailleurs, il est interessant de noter aue aucun des heros austeniens n'a existe au dela de son mariage et que Jane Austen a soigneusement evite la description de la vie a deux ;) le mythe demeure donc !

Anonyme a dit…

"Mon" Darcy est peut-être autoritaire et conformiste, je n'en sais rien après tout, il est si distant (y compris géographiquement). En tout cas et même si cela devait être voué à l'échec, c'est le plus beau rêve de ma vie. Merci pour ta réponse, j'aime bien avoir l'avis de la spécialiste que tu es !

Andrea a dit…

Pour autant ma réponse ne veut pas dire que tous les Darcy décoivent, comme partout ailleurs, certains oui, certains non mais cela n'a pas d'importance tant qu'on les apprécie et qu'il vous font du bien :)

Camille a dit…

Hum hum , Jane ne voit pas Darcy à Londres, alors c'est normal que la scène ne soit pas dans le film :D*

je sais pas si tu connais
http://the-inn-at-lambton.cultureforum.net/forum.htm