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lundi 12 mars 2012

Affamée d'Hunger games


 J'avais pourtant juré qu'après la vaste plaisanterie ou très longue fanfiction qu'était Twilight, on ne m'y prendrait plus. La littérature Young adult, c'est bon j'avais fait le tour sauf pour aller disserter dans Eidos sur le phénomène. Il ne fait pas jouer les hypocrites, j'ai avalé Twilight d'une traite (au point de traverser une phase intense d’asociabilité en Tunisie pour feuilleter Breaking dawn) mais très vite il m'est apparu que je me fichais assez des personnages principaux, du triangle amoureux, des états d'âme d'Edward. Au fond seule une chose était claire, Bella ne méritait ni Jacob, ni Edward à force de les faire tourner en bourrique. Heureusement que la galerie de personnages secondaires (j'aime bien Carlisle même s'il est énervant à être encore plus efficace que le Dr Quinn) parfois vaguement historiques et la géopolitique du dernier livre contrebalançaient le tout même si Breaking Dawn ressemble sur la fin à un remake de X Men sans le charme de James McAvoy ou de Michael Fassbender.


Bref, bref je m'égare... Au fil de mes recherches sur la succession potterienne et twilightienne, je suis tombée sur toute une série de sagas versant dans l’apocalyptique, la lycanthropie ou le dictatorial façon 1984.
 Très cliché tout ça mais dans le lot un titre se détachait par la quantité de papiers et de mise en avant : Hunger Games. Trilogie terminée de Suzanne Collins qui a quatre ans d'âge qui a inauguré le genre dystopique -le gouvernement nous ment, nous manipule et nous tue-. Le titre était intriguant de même que tout le tapage fait sur l'adaptation du film dont le casting était suivi par les revues spécialisés et ce quatre mois avant le tournage. De même que la compétence et le budget mis sur la table, presque six fois celui de Twilight et la présence au générique du scénariste de Pleasantville et de Jennifer Lawrence, tous deux cités aux Oscars et vu que je trouve la demoiselle charmante que ce soit dans les extraits de Winter Bones ou dans First Class.

Ayant décidé que tout ce raffut valait le coup de se renseigner et d'obtenir l'autorisation de scribouiller dans Eidos, je me suis dit que pour bien maîtriser mon sujet, il fallait que je sois renseignée de première main et que donc je me plonge au moins dans le premier tome.

Le titre, les jeux de la faim, promettent et le livre est en effet un croisement entre Quo Vadis pour l'ambiance jeux du cirque, président illuminé et Battle royale pour l'effet un seul compétiteur s'en sortira et pour cela devra éviscérer ses compagnons d'infortune. En deux mots, dans une Amérique dévastée par un cataclysme -nucléaire, naturel ?- renommée Panem, le pouvoir central, le Capitole règne sur 12 districts que l'on peut supposer être entre la côte est et au moins les Appalaches. Ayant annihilé il y a presque un siècle le rebelle district 13, l’opulent Capitole pour s'assurer l'allégeance de ses territoires appauvris qu'il exploite sans vergogne leur impose tous les ans qu'ils envoient dans l'arène un garçon et une jeune fille. De ces 24 tributs confrontés à un environnement hostile et largement génétiquement modifié, soumis aux caprices des maîtres du jeu en quête du maximum d'audience télévisée pour leurs Hunger games, le vainqueur sera le dernier survivant. Tous les coups bas et la faim sont permis.



Hunger games s'ouvre sur le jour de la sélection des tributs dans le district 12, un des plus pauvres à l'ambiance germinal car spécialisé dans le charbon et tout le monde sait depuis Etienne Lantier que c'est le meilleur moyen de mourir de faim ou de devenir orphelin. L’héroïne Katniss se porte volontaire pour remplacer sa jeune sœur de 12 ans dont le nom a été tiré. Son irruption dans l'arène va être le catalyseur de forces politiques qui auront de puissantes ramifications que la jeune fille ne comprend pas et que son courage va incarner malgré elle.


Pour brouiller les pistes, son coéquipier adversaire se retrouve être un jeune apprenti boulanger idéaliste, le coeur sur la main et amoureux transi mais également un fieffé orateur et agent provocateur, Peeta comme pain et aussi comme St Pierre, la dimension christique n'est pas forcément loin dans Hunger Games.

Suzanne Collins jure que lorsqu'elle a écrit son oeuvre, elle ne connaissait pas Battle Royale mais s'est inspiré des jeux du cirque originaux, made in Rome, et de la figure historique de Spartacus pour Katniss. D'ailleurs on retrouve de la traditionnelle formule Panem et Circenses, Panem, le nom de ces nouveaux et totalitaires Etats-Unis.

Hunger Games tient à la fois ses promesses de cruauté, de morts inutiles et de conspirations politique qui permettent au livre de sortir de l'ornière Young adult. Certes on n'échappe pas au triangle amoureux entre Gale, l'ami d'enfance, Peeta et Katniss mais ce qui change c'est que l'héroïne elle même le refuse et qu'il devient non pas une romance mais un instrument politique à faire pâlir de jalousie le plus amoral des spin doctors. Et au final il ne sera résolu que dans les dernières lignes de l'épilogue du 3e tome lorsque les héros auront été brisés par les germes de contestation qu'ils auront semés. Car pour survivre, Katniss, Peeta, Gale et leurs compagnons de route devront se tâcher les mains de sang et apprendre que le pouvoir a ses raisons que la morale et l'humanité ne connaissent pas. Pour gagner parfois, il faut faire table rase, mais à quel prix ? ce qu'il faut reconnaître à Hunger games c'est son goût pour l'amertume, son interprétation machiavélique du roman initiatique. Aucun héros ne ressortira indemne de cette épreuve et il n'y a ni méchants ni gentils, juste des nuances de gris. Une œuvre pour un jeune public mais qui n'enjolive pas la cruauté de l'existence.

Je pensais passer un moment détendant à la lecture mais pas forcément avaler les 1000 pages -les livres sont assez courts- en trois semaines. Comme quoi le côté pervers du cirque marche encore de nos jours même si on ne demeure qu'un lecteur. D'ailleurs même le chanteur de Snow patrol Gary Lightbody fan du Trône de Fer a adoré (si ce n'est pas un gage de qualité maintenant il faudrait qu'il signe une chanson sur la prochaine BO pour que le monde soit presque parfait) . Mes attentes pour le film ont donc quadruplé mais tous les extraits qui fuitent laissent penser que l'on s'approche d'une qualité Prisonnier d'Azkaban. Jennifer Lawrence démontre la même intensité que dans Winter Bones, les adultes de la distribution ambivalents à souhait, ma seule réserve porte sur Gale et Peeta qui affichent souvent un air et des yeux de bovins mais au moins quand les cheveux coupés Josh Hutcherson semble moins poupin et béat et plus le Peeta un peu retors que dévoilent les romans.

Le mot de la fin ? Je serai dans les starting blocks des salles obscures dès mercredi prochain!

PS : On remarquera que la pose dans le foin made in Star wars 2 fait toujours aussi fureur dans les campagnes promo.
PPS : Toutes les bandes-annonces disponibles en une seule vidéo

samedi 4 juin 2011

La solitudine dei numeri primi

Adapter c'est comme traduire, une trahison et une compromission de l'oeuvre originale. Je suis toujours très curieuse de voir le résultat filmé d'un livre que j'ai aimé. A quel point ma vision des événements va-t-elle différer de celle du scénariste et du réalisateur ? Quels arrangements vont réinventer l'intrigue : passages coupés, scènes imaginées, contre-sens des personnages ? C'est généralement cette troisième liberté artistique qui est la plus dure à accepter quand on adore un roman, celle qui paraît la plus dénaturante. Exemple : Arwen aidant à la bataille de Helm's deep.

Cette année, j'attendais beaucoup de trois projets :
- Le Trône de fer : encore plus inadaptable que le Seigneur des Anneaux avec une trentaine de personnages et 1000 pages par tome (pas encore vu la production HBO)
- One day qui a l'air très soigné point de vue réalisation mais qui je crains choisit plutôt l'option fleur bleue que la veine sardonique des années 90.
-La solitude des nombres premiers car le livre est sombre : auto-mutilation, anorexie, autisme, solitude, non-communication.

Pour ne faciliter en rien le labeur du scénariste, le livre contient peu de dialogues et décrit surtout la conscience endeuillée des personnages principaux : Alice et Mattia. Tellement à la marge de la communauté qu'ils sont condamnés à avancer seul dans la vie, incapables de se lier à autrui, de se faire comprendre ou accepter. Même la rencontre de leurs âme en peine n'y fait rien. Ils se croisent et se perdent de vue même si d'instinct le lecteur aimerait les libeller des âmes sœurs (sauf que le livre a bien intégré que dans la vie les sentiments sont compliqués et peu rationnels et s'en tient humblement à la réalité).Dans l'autre, il trouve un miroir mais pour autant que leur amitié est forte, et les sauve, ils ne se dévoilent jamais, ne tombent pas les masques. Comment traduire cette tension à l'écran quand tout n'est que combats et frustration intérieurs ?

Raconté comme ça, certains pourront se demander à juste titre ce que j'ai pu trouver dans ce roman rude de Paolo Giordano. Si j'en ai eu connaissance ,c'est grâce à une critique élogieuse sur People.com. Le titre matheux et la couverture étrange avec une cosse de petits pois a fait le reste (même si la version français de la main et du papillon est assez jolie).

Le livre se découpe en quatre parties recouvrant 4 différentes années de la vie des héros et même si l'atmosphère est malsaine, c'est dur de ne pas être touchée justement par les imperfections des personnages et leurs relations dysfonctionnelles au monde. Des anti-héros qui s'assument, s'auto-détruisent et apprennent à vivre avec.

Pour relever le défi de cette plongée dans des esprits torturés, le rélisateur Saverio Costanzo a choisi de tourner son oeuvre en empruntant au code des films d'horreur (merci Télérama sans toi je n'aurais pas capté la référence). Miroirs éclatés, pénombres, tunnels, interminables couloirs, clowns de mauvais augure, appartement familial suranné, parents muets et sourds, hallucinations, musique assourdissante couvrant les dialogues... Une de ces scènes les plus surréalistes - même si l'effet est discutable - est le mariage de Viola où Mattia et Alice sont enveloppés dans un brouillard tandis que les invités dansent comme si de rien n'était.



Saverio Costanzo a aussi déstructuré le récit chronologique pour ne révéler qu'à la fin le pêché originel des héros. Surtout il a exigé de ses acteurs un gros travail sur le corps. Alba Rohrwacher a dû perdre entre deux séquences dix kilos, devenant squelettique (ça fait mal aux yeux), tandis que Luca Marinelli en a gagné quinze. Le boitement d'Alice est accentué par le bruit des chaussures qui raclent le parquet et par ses chutes rituelles Mattia est perpétuellement voûté, replié sur lui, le regard fuyant tourné vers le bas.



A cet égard la scène de leurs retrouvailles sonne tellement vrai (et j'aime Bette Davis' eyes), on les sent pleins d'attentes mais aussi angoissés à l'idée de refaire connaissance et embarrassés de ces années d'absence et de silence.

La finesse de cette adaptation, sur laquelle Saverio Costanzo et Paolo Giordano ont travaillé de concert, c'est d'avoir avec un simple mot jamais prononcé dans le livre, intervenant 3 minutes avant le générique de fin, complètement modifié l'épilogue (même si rétrospectivement ne pas avoir envoyé Mattia à New York était un signe). Je serai curieuse de savoir pourquoi Paolo Giordano a donné une fin alternative à son ouvrage. Etait-il frustré comme la plupart de ses lecteurs de la conclusion sans concession qu'il avait apporté à son roman ? Que pour les individus nombres premiers aucune rédemption n'est possible. Avec le recul, a-t-il voulu laisser la chance à ses personnages la possibilité d'apprendre de leurs erreurs ?

Le mérite de cette fin en liberté artistique c'est qu'elle laisse une porte ouverte sans délivrer de happy end. En prenant sur elle d'aller une énième fois pourchasser Mattia (des deux le moins capable de suivre ses émotions) , Alice ne perd pas sa trace. Pour autant les cinq secondes de cette dernière scène n'indiquent pas clairement si le génie des math va réagir et saisir la main tendue. Du coup, ça ne renie pas entièrement la philosophie du livre, ouff !

Un autre altération cosmétique qui m'intrigue, c'eest l'idée de donner à Viola le monologue sur les nombres premiers : deux nombres solitaires divisibles que par eux même et séparés entre eux deux par un nombre qui les empêche de se toucher. Il avait beaucoup plus de puissance dans l'esprit algébrique de Mattia.

On remarquera que le prix du personnage le plus sacrifié au nom du passage sur grand écran revient au Fabio si bien nommé, dommage cela aurait été intéressant de voir les efforts d'Alice pour s'intégrer.

Je serai curieuse de voir si des gens sont allés voir le film et ont eu ensuite l'envie d'ouvrir le livre. De même peut-on avoir envie de voir le film sans avoir lu le roman ? Une fois de plus je trouve que pour profiter au mieux de ces deux médiums, mieux avoir lu d'abord puis ensuite se rendre au cinéma pour apprécier cette adaptation méritante quoiqu'infidèle !

En bref : ****

dimanche 20 mars 2011

Retour sur la lande à Thornfield-Hall

J'aime les classiques anglais, je les apprécie encore davantage quand ils sont adaptés sur grand et petit écran. Aaah orgueil et préjugés, raisons et sentiments, bleak house... et désormais c'est à Jane Eyre de retrouver ce privilège.

Le roman de Charlotte Brontë n'a jamais manqué de réalisateurs. Il y eut, il y a 15 ans, l'essai moyennement satisfaisant de Franco Zefirelli avec Charlotte Gainsbourg qui manquait de gothique, la mini saga majestueuse de la BBC qui m'a enfin fait voir Mr Rochester pour ce qu'il était. A l'image d'Heathcliff, un immense tortionnaire psychologique, frisant la perversité (notamment lorsqu'il courtise Blanche Ingram et demande son avis à Jane). Et pour une fois Jane n'était pas trop jolie. J'ai pu aussi revoir ce roman de mon enfance, objet d'une mémorable fiche de lecture de trois copies doubles dans les frimas périgourdins, sur les planches à Dublin où Jane était interprétée par mon héroïne Andrea Corr. Et pour sa deuxième expérience sur scène, sa performance était crédible et passionnée (juste un peu limite dans les abimes du désespoir).



Donc mes oreilles ont pivoté sur elle-même quand j'ai entendu dire qu'un studio britannique allait proposer au printemps une nouvelle adaptation cinématographique. D'autant plus quand j'ai su que le rôle de Rochester échoauit au terrifiant Michael Fassbender, toute en cruauté et en goujaterie dans Fish tank, en père de famille séducteur d'adolescente. Ce qu'il manquait à la Jane d'Andrea c'était justement un Mr Rochester séduisant et charismatique, là au moins ce problème sera résolu (je dirai même que ce Rochester est un peu jeune!).

Alors certes, la fin de Jane Eyre n'est vraiment plus un mystère mais je ferai bien le voyage encore une fois, ne serait-ce que pour voir si l'étape St John est un peu moins bâclée que d'habitude (et Jamie Bell a bien grandi!). D'ailleurs c'est un des grands écueil de son cousin, les Hauts de Hurlevent. Tellement dense qu'il est difficile de lui rendre hommage dans ses deux parties, si bien que souvent seuls Catherine et Heathcliff ont droit de pellicule. La version d'ITV est à ce titre tellement adaptée librement que j'ai du mal à m'y glisser alors que sur le papier Tom Hardy faisait un Heathcliff animal de rêve.

PS : autre tentation attendue la suite des Reliques de la mort. Warner Bros dans sa grande générosité vient de mettre en ligne quelques secondes inédites dans un fatras de blabla commercial.

jeudi 15 juillet 2010

On St. Swithen's Day

La prophétie venue des cieux s'est accomplie : tenir un blog c'est beaucoup de travail et de temps... alors en tenir deux ! Depuis que la tornade Bettencourt s'est levée, j'ai l'impression que les journées n'ont plus que 12 heures, et à force de faire des compromis, j'ai grandement négligé ce carré de "ciel étoilé"... Pourtant des histoires à raconter, je n'en manque pas, mais de doigts et de minute si alors même que le temps passant me dérobe l'agilité de mes souvenirs.

Pourtant des aventures il y en aurait à con(mpt)er : gros choc cinématographique avec Elia Kazan, premier concert de Muse, retrouvailles avec Snow Patrol, découverte du bal des pompiers, une succession de navets (Prince de Perse, l'Agence tout risque, Kiss and Kill -oui sur ce dernier point j'assume-) et de toiles plus rassasiantes (le pétillant Petits meurtres à l'anglaise où le génie de Bill Nighy brille intact avec la beauté renversante d'Emilie Blunt), piétinnage des pavés dublinois...

Dans un monde idéal, je coucherai tous ces moments sur pixel mais en ce moment mon inspiration est plutôt aux touches impressionnistes, dans les détails et la simple allusion. Peut-être que mon prochain post sera demain ou fin août au retour des vacances, who knows ?

En attendant j'aimerais vous laisser à ma joie d'avoir appris que Lone Scherfig, la réalisatrice du délicieux Une Éducation, a débuté le tournage à Londres de l'adaptation de One day, le roman de David Nicholls que j'ai dévoré sur le chemin de l'Irlande. Je regrette un peu que la demoiselle n'ait pu engager Carey M. mais j'attendrai le produit final avant d'enrager sur les interprètes.

One Day, c'est comme son plus sombre et italien Solitude des nombres premiers que je recommande également même s'il est plus désenchanté, le récit d'une amitié et de ses transformations au fil de deux décennies. Le charme de One Day c'est que son auteur suit le destin d'Emma et de Dexter tous les 15 juillet, de leur rencontre en 1988 à 2004. 365 jours entre chaque chapitre, un laps de temps propice à bien des rebondissements au final ! Le livre ne semble pas avoir été traduit en français mais quand ce sera le cas, One Day peut offrir une jolie promenade dans nos souvenirs des années 80, sur nos rêves d'enfants malmenés par l'âge adulte, ces amis que l'on perd plus ou moins de vue et que l'on retrouve parfois.

jeudi 1 mai 2008

Deux soeurs pour un roi

Après avoir exulté (à l'annonce de l'adaptation), trépigné (à la vue des photos de tournage), gémi, lamenté (à la lecture du scénario), maudit (un visionnage de mauvaise qualité), me voilà rassérénée sur le sujet de la version cinématographique de "The Other Boleyn Girl", un peu tristement titré dans nos contrées, "deux soeurs pour un roi".

Un passage réfléchi dans les salles obscures, qui a obtenu l'enthousiasme de ma soeur, autre doctor-es en Tudors, m'a permis d'adoucir mon courroux. "The Other Boleyn Girl" n'est pas le film transportant que j'attendais (avec aux manettes le scénariste de "The Queen" et le réalisateur de "Bleak House") mais pour qui n'a pas lu le livre et n'est pas détenteur d'une thèse en Angleterre de la Renaissance c'est un bon film solidement interprété par Scarlett et Natalie où Eric Bana, en retrait, tient son poste (incarner Henri VIII n'est pas une sinécure) vaillamment.


Le long-métrage est plus une variation qu'une adaptation du roman. Alors que l'oeuvre se concentre sur Mary et son cheminement personnel ainsi que sa cohabitation avec Anne, le film prend le parti de mettre en exergue la rivalité des deux soeurs et fait revenir sur le devant de la scène Anne, en éclipsant les traversées du désert de sa soeur. D'une oeuvre sur Marie, la caméra choisit la biographie d'Anne... un choix plus grand public mais on y perd le sel du roman dont le coeur était Marye ce qui par cette approche original autorisait à sourire d'une Histoire, un peu malmenée.


Mais pour qui veut passer deux heures avec les Tudors, sans préconception, le séjour est agréable. Les décors et les costumes des actrices sont somptueux (un peu trop parfois) mais certaines broderies sur les robes d'Anne donne le frisson dont de très jolies feuilles d'automne.


En choisissant la carte de la rivalité fraternelle, le film multiplie les traits de cruauté chez Anne, au risque d'une opposition simpliste, "elle est la méchante et Mary est innocente", dans le livre cette dichotomie était un peu mieux maîtrisée. Anne n'a pas eu qu'une ironie mordante, elle fut une femme intelligente et curieuse de la réforme et elle s'était quand même amouraché du roi. Heureusement Natalie Portman réussit à rendre cette Anne machiavélique touchante dans sa fragilité hystérique. Le dernier quart d'heure du film alors que tous les efforts d'Anne se désagrègent sous le coup de fausses couches, montre une fragilité au bord du désespoir. Point d'orgue sur l'échafaud alors que jusqu'au bout Mary tente d'obtenir une grâce improbable. Ces doigts qui tremblent sont exquis. Dommage que le film décide de reléguer la querelle religieuse avec le pape qu'en toile de fond, les raisons du passage à l'anglicanisme, qui n'est pas seulement une question de s'affranchir du pape.


Seul regret, un film qui oublie certaines explications comme le destin du premier mari de Mary et le kidnapping d'Elizabeth par cette dernière, qui n'est pas seulement impossible [même bâtarde, on ne s'approche pas comme ça des rejetons royaux) mais une entorse à l'enfance véritable d'Elizabeth, incertaine et hasardeuse plus que sans nuage, qui influença beaucoup sa psychè... Mais dans le fond je suis réconciliée et si les scènes coupées sont à la hauteur, je me procurerai le DVD. Je suis sûre que ceux qui aime l'histoire et ne connaisse pas les écrits de Gregorry seront aussi ravis que ma soeur :-) . Je serai curieuse d'avoir les avis des cinéphiles que vous êtes et qui ont goûté aux charmes (ou pas) de ses filles Boleyn.

jeudi 10 avril 2008

Un anniversaire en catimini

C'est dans la discrétion qu'a été célébré aujourd'hui les dix ans des accords du Vendredi Saint alias le processus de paix nord-irlandais. Le parti majoritaire au pouvoir le DUP protestant-unioniste ayant été opposé à l'accord ne souhaitait pas de grandes célébrations. Même si le Good Friday Agreement a eu des débuts difficiles et n'a pu vraiment voler de ses propres ailes qu'une fois remodelé lors de l'accord de Saint-Andrew, que les violences paramilitaires persistes, il a quand même réussi à aider les communautés catholiques et protestantes à cohabiter entre elles, même si c'est sans amour et que chacun tend à rester de son côté. On n'efface pas des siècles d'hostilité en dix ans mais le Good Friday Agreement donne de l'espoir qu'on peut juguler certains conflits. Certes, il y a des chances que le gouvernement de partage de pouvoir finisse par se bloquer mais ce ne serait dommage de ne retenir que ça.
L'Irlande du Nord sans rattraper la République et le Royaume-Uni connaît un nouveau dynamisme économique. Il y a 15 ans étaient stationnés en Ulster 20.000 soldats britanniques chargés de maintenir l'ordre, aujourd'hui plus que 5.000.

Sans l'accord du vendredi saint, le tourisme dans les rues de Falls Road (photo) aurait été moins sympathique.

Nb : lors de mes traversés de Belfast je n'ai jamais été assez rapide pour capturer une peinture murale loyaliste. Voici ce qu'on peut trouver sur les murs du quartier ouvrier protestant de Shankill Road. (c) Wikipedia
Bref si je ne suis pas une experte en politique irlandaise, cela vaut quand même bien une note et des applaudissements.

mercredi 11 juillet 2007

2007, les Tudors remontent sur le trône

...du cinéma et de la télévision. Dans les six mois à venir et pour mon plus grand plaisir, nos écrans vont être graciés à profusion par plusieurs Henri VIII, Anne Boleyn et autre Elizabeth! A vrai, j'aurais dû rédiger cette entrée en février (ah c'te bonne blague !) mais depuis peu, j'ai presque toutes les pièces du puzzle en main, et donc la motivation est revenue.



Il y a d'abord The Other Boleyn Girl et sa distribution en or (Morgan scénariste de the Queen, Natalie Portman, Scarlett Johansson, Kristin Scott Thomas) , qui m'enthousiasme plus que de raison au vu de la qualité du script, qui a déjà filtré sur les sites dédiés à Eric Bana. Entorses au livre comme à l'histoire me font craindre la déception mais avec une direction d'acteurs et des costumes transportants, l'ensemble, je veux le croire, peut encore être sauvé! Les premières photographies dévoilées ont continué à alimenter ma curiosité et je regrette que contrairement à ses confrères tudoriens, aucune bande-annonce n'ait encore été diffusée.




Je compte aussi sur mes retrouvailles avec Cate Blanchett à la voix suave alias Elizabeth I dans the Golden Age! Dire qu'en prime, mon oeil pourra admirer Clive Owen, pirate au service de la couronne, dans cette illustration de la défaite inattendue de la brillante invincible Armada. En voyant ces images, j'ai plus que jamais envie, le temps venu, de faire un petit tour par les chateaux tudoriens anglais !




La palme de l'adaption la plus sensuelle et rock 'nd roll reviend sans nul doute à the Tudors avec le déjanté Jonathan Rhys Meyer, cette fresque de Showtime en plusieurs saisons a fait ses débuts cet avril sur le cable américain et dès qu'il passera l'Atlantique, je jetterai volontier un coup d'oeil sur cette mini-série, qui retrace l'ascension d'Anne Boleyn (et donc on y retrouve brièvement Mary, the Other Boleyn Girl!). Face à l'étendu des décors, je passerai outre sur les anachronismes et autres interprétations fantaisistes (pourquoi Margaret, la soeur de Henri VIII et la pauvre grand-mère de Marie Stuart est-elle omniprésente ? ! ). En tout cas le ton décalé de la bande-annonce, genre émission de Stéfane Bern fut une idée prodigieuse...^^



samedi 17 février 2007

Deux petites bandes-annonces pour la route...

...en espérant que Morphée et courage rédactionnel viennent me trouver par la suite, voici la moisson des distractions de mes recherches.

Pour célébrer le programme du CAPES d'anglais qui met à l'honneur cette année ce chef d'oeuvre qu'est Orgueil et Préjugés (hélas dans sa version cinématographique Joe Wrightienne, personne n'est parfait), voici M. Darcy et Elizabeth Bennet, revisités à la sauce excellente d'Harry Potter.



Choix des images et montage impecables, on y croirait presque à cette rencontre des personnages de Jane Austen et JK Rowlings! Je salue dans les choix de la distribution Dumbledore en M. Bennet et McGonagall en hystérique Mama Bennet.
Et pour Lisso, sache que cette personne a eu la bonne idée de récidiver avec la BA de Stranger than Fiction/Harold Crick ! pas mal du tout quad tu vois qui remplace Emma Thompson :)

Last but no least, un petit retour sur la carrière de Cate Blanchett née pour jouer les reines et souveraines intraitables dans un de ses rôles clés, Elizabeth. Le film est rempli d'anachronismes et d'inexactitudes historiques mais avec une telle voie suave, Cate n'a pas de mal à convaincre qu'elle incarne une monarque impitoyable.

mercredi 17 janvier 2007

Dur, dur d'être Elizabeth!

Histoire de varier épices et plaisirs, non l'entrée de ce soir ne sera pas un énième compte-rendu de mes nuits sur le Boulevard du Crime (plus qu'un post de retard avant l'Avare de mercredi) mais sera consacrée à un autre de mes grands fétiches : les Tudors (mériteraient qu'on leur appose un label Corrséen rien qu'à eux, comme par exemple le ch'tit Rebel Heart).
Sur les traces de l'excellente parodie de Lost, j'ai trébuché sur un hommage tout aussi désopilant, présenté lors des Oscars australiens, les AFI, concernant la série des Elizabeth: the Virgin Queen/ Elizabeth, the Golden Age de Shekhar Kapur.
Voici donc là encore en exclusivité les premières images de cet âge d'or élisabethain si attendu (aaah la voie grave et sensuelle de Cate B.*__*)




Geoffrey Rush: J'ai tourné cette année en Angleterre la suite d'Elizabeth et un des figurants a capturé ces négociations sur son téléphone portable.
"Tickets d'avion et conditions de voyage. Voyage aussi légèrement que tu peux. Je suis désolé Cate, tu vas devoir voler en classe économie pour te rendre aux AFI à Melbourne. Pour l'hôtel, choisis Freecom à cause de ses pijamas ??? [peu vraisemblable mais pour l'instant moi pas avoir saisi cette portion du texte].Je sais que c'est beaucoup te demander. Je sais que tu te ballades avec beaucoup d'assistants, que tu as une victoire aux Oscars à ton palmarès, que tu es une mère de famille, qui travaille dur et le porte-parole d'une marque de cosmétiques en directe opposition avec la nôtre [les AFI sont soutenus par l'Oreal] mais si tu ne viens pas aux AFI, Helen Mirren le fera. Elle a interprété Elizabeth I et Elizabeth II!

Cate/Elizabeth: Cette putain illégitime et hérétique ! [Une réplique qui désigne en réalité Marie Stuart, reine catholique des Ecossais]

Rush: et en plus, elle a joué dans 7 saisons de Prime suspect sur la BBC. Bon sang Cate, écoute ton agent et signe !

Cate/Elizabeth: Et bien laissons le ?????? que tout cela soit accompli.


Je me suis délectée de cette alusion à la royale Helen Mirren qui ramasse avec nonchalance toutes les récompenses possibles et inimaginables pour son interprétation d'Elizabeth II dans the Queen de Frears et son Elizabeth I de HBO. Un double record non seulement par la pluie de prix que ces deux rôles entraînent dans la même année mais aussi car elle devient la seule actrice à avoir interprété ces deux grandes souveraines homonymes anglaises. Avec Helen en effet, on ne court pas le risque de tomber en panne d'Elizabeth! elle sait toutes les faire. ^^
Et pour le plaisir des yeux, le seul anglais de cette distribution australienne (Blanchett et Rush), le majestueux et ténébreux Clive Owen dans la peau de l'aventurier et poète, Sir Walter Raleigh, courtier favori d'Elizabeth. Il me tarde d'être fin 2007 !

mardi 3 octobre 2006

Retour sur la Reine Margot

En faisant un petit tour nocturne sur le net comme cela m'arrive, je suis tombée sur la bande annonce de la Reine Margot de Chéreau que j'avais mentionné quelques entrées plus bas. Il se trouve que la scène du mariage y figure en bonne place.
Alors pour les yeux des curieux et des profanes, la démonstration de ce moment symbolique des années de sang des Valois est disponible pour visionnage.




La Reine Margot (bande-annonce)
envoyé par hasard



Cette B.A m'a frappée par sa sobriété. Je ne suis pas sûre qu'on la monterait de manière aussi minimaliste aujourd'hui (commentaire peu loquace, une grosse scène puis scénettes sans effets de fondu ou flash). Mais cette humilité réussissait parfaitement son effet. Comment ne pas frissonner devant les douze coups de Saint Germain l'Auxerrois, qui marqua le début du Massacre de la Saint Barthélémy ?

Pour mémoire Henri de Navarre, futur Henri IV, était venu à Paris accompagné de toute la noblesse huguenote. Ceux-ci était malheureusement identifiables et pourchassables le jour de la fatidique nuit: tous de noir vétu, y compris la marié, pour honorer la mémoire de Jeanne d'Albret, reine de Navarre et sa mère, mystérieusement emportée par un mal foudroyant dont certains y virent la patte empoisonnée de Catherine de Médicis.
ps : si jamais ce passage vous a conquis (j'pense à Vito déjà bien versé dans les Tudors), youtube propose des extraits plus longs dont celui du massacre vu par la Môle. La paternité du massacre a souvent été attribué à Catherine de Médicis mas il semble maintenant que l'on réalise aussi à quel point le duc d'Anjou (Henri III) y fut une force motrice. Son implication lui permis de s'affirmer définitivement comme un acteur majeur du Conseil du roi (son frère Charles IX). Le peuple de Paris ne fut pas difficile à persuader. Excessivement catholiques, ils détestaient l'idée même de ce mariage qui devait scéller la réconcilliation entre Protestants et Catholiques officialisée par la Paix de Saint-Germain-en-Laye (1570). Et c'est pour eux qu'Henri IV s'écria soit-disant 'Paris vaut bien une messe" puis se convertit, pouvant enfin asseoir ses fesses plus tranquilement sur le trône de France! Un montage des meilleures scènes adjaniesques est aussi visible, le mariage y figure plus longuement.

samedi 23 septembre 2006

La dernière nuit pour Marie Stuart

Si la vanité et la luxure sont un péché, alors j'ai fauté! Pendant des mois, l'affiche placée sur le kiosque au croisement de l'institut du Monde Arabe et de Jussieu n'a céssé de me faire des propositions indécentes. Un serpent tentateur qui tient en neuf mots La dernière nuit pour Marie Stuart avec Isabelle Adjani. Le chien pavlovien qui sommeille en moi s'est aussitôt mis à saliver...

Quoi la sublîme interprète de la Reine Margot (pour tous ceux qui en doutent ou qui ne tombent pas sous le charme de -l'anatomie, ahem- de Vincent Perez, le visionnage de la scène du mariage est impératif ou comment le oui est arraché des lèvres de Marguerite de Valois par le poing décidé de Charles IX. Pour mémoire, j'avais même désobéi à la loi, âgée de 11 ans, j'avais déclaré la main sur le coeur en avoir 12, c'était l'époque où on me donnait encore le bon dieu sans confession!) allait préter son visage à la mythique reine d'Ecosse (et de France et d'Angleterre ce qui causa sa perte), épouse éphémère du non moins bref roi de France, François II (et donc belle-soeur de Margot vous suivez ?^^), meurtrière de son deuxième mari, amazone inconsciente et pourtant mère du future roi d'Angleterre, mais qui à force de complôts maladroits et caballes fut décapitée sur ordre de sa cousine Elizabeth I et où le bourreau maladroit s'y repris à trois fois (eeerk) ? Autrememnt deux de mes passions là encore en un même lieu !

Toute l'année j'ai résisté vaillement, pretextant le prix des places ou la qualité incertaine de la pièce composée par un auteur méconnu alors que sur le même sujet Schiller, lui-même, avait écrit! Et puis lorsque vinrent les feux de la rentrée théâtrale, une succession de couvertures glamour par les démoniaques Figaro Magazine et Paris Match eut raison de ma lucidité et je craquai. Pourtant l'absence de générales pour les critiques et le titre laconique d'une dépèche AFP, inhabituellement cassante ("Adjani triomphe dans Marie Stuart malgré un texte faible") auraient dû m'alerter mais qu'importe quand on adore, on devient fou!

Arrivée au Marigny, nous sommes accueillies comme des princesses avec programme soigné et rempli de publicités qui nous laisse entreapercevoir des costumes enchanteurs tandis qu'en face de nous se dresse la scène, un imposant mur-prison-citadelle tout en rouge sang.

L'instant où Isabelle apparaît le public laisse passer un souffle puis l'applaudit avant de retomber dans la surprise de son apparence. Campant une reine emprisonnée au crépuscule de sa vie, elle est méconaissable : petite vieille vétue d'une chemise d'aliénée, la figure arrondie, le cheveu sale...

Comme je le craignais, la prose de l'Allemand Wolgang Hildesheimer est insignifiante et soporifique, trop dans l'introspection. Où est le drame, la tension, le dilemne, la tragédie ? sûrement pas dans les personnages secondaires complètement bâclés à l'exception du préparateur et de l'assistant du bourreau (un ex du Stade Français) qui étant muet n'a aucune ligne inutile à délivrer ce dont le spectateur lui est reconnnaissant.

Heureusement il y a la reine Isabelle qui choisit avec brio le registre de la suppliciée ayant rendu son âme à la flamme de la folie : de la rédaction d'un testament sans cesse interrompu à la procession mortuaire de ces chiens empaillés dans leurs cercueils au fond bien plus fidèles et aimant que ses serviteurs... Souvent poignante qu'on passe outre les faiblesses du reste. Comment ne pas voir Isabelle plutôt que Marie lorsqu'Adjani lance à la foule/public venu admirer son exécution : "tout le monde a ici une idée préconçue de moi, ils croient savoir qui je suis et ils se trompent", "Ne me regardez pas. Mon corps, mon visage. Je ne me reconnais plus." ou "les rumeurs m'ont tuée."... dans ce moment les cordes de notre émotion frémissent. A d'autres moments sa voix de braise sans larme frappe par sa monotonie et on aurait apprécié moins de retenue, d'appels à Dieu et à la raison.

La garde est baissée seulement dans les dernières répliques lors de la préparation mortuaire, qui voit le lynchage du pharmacien pour cause de confession non catholique, les adieux de Marie, qui au moment de poser sa tête sur le billot dans sa robe blanche d'où on enlève la fraise fait le saut de l'ange avant que le rideau-hâche ne tombe sous un tonnerre d'applaudissements.






Oui je vous assure, c'est bien Isabelle Adjani la dame blanche et floue au centre de mon objectif hiératique!
Car au fond, nous ne sommes venues que pour elle, et c'est tout à son honneur d'insuffler passion et talent dans un texte invisible et d'arriver à nous faire trembler. Très vite les camarades d'Adjani lui abandonnent la scène pour un long salut-communion avec les spectateurs.

Et même si je suis un peu déçue, je ne regrette point mon moment d'égarement: Isabelle, si tu joues Phèdre, Andromaque ou Médée je serai là ^________^

lundi 18 septembre 2006

Où l'on reparle d'Anne et Mary Boleyn

A EP et VG, j'espère que cette entrée les fera sourire!

En attendant que mes impressions adjanistes-stuartiennes s'inscrivent en ces lieux car mes entrées théâtre ont pris du retard...

Non la curiosité ne me démange pas également pas.
Non je n'irai pas asseoir mon séant sur les siège Nina Ricci du MK2 bibliothèque et ce dés le mercredi soir et ce quelques soient les critiques.
En toute honnêteté...
Ce n'est pas que ça me ronge, ça me consume. (c) ^^ Mais ici point de démons suskindiens, mon âme est toute acquise aux affres tudoriens!

Car bien plus vite que je ne l'espérais parviennent à nos oreilles des nouvelles de The other Boleyn Girl en tournage à Londres ces jours-ci. Grâce aux paparazzi, des premières images ont filtrées.
Finalement, Natalie Portman a été préférée à Keira Knightley et je n'en suis pas mécontente. Si Nat' joue aussi bien que dans Closer, on est en droit d'attendre une bonne surprise. Mais quand même déjà une petite deception, Henry VIII n'était-il pas un peu rouquin sur les bords alors que M. Bana est on ne peut plus brun ? En tout cas, les deux filles ont plutôt l'air de bien s'entendre!
Courage, plus que 18 mois à attendre! J'espère que The Golden Age elizabethéen avec Cate Blanchett débarquera plus vite sur nos écrans pour m'aider à patienter!

samedi 1 juillet 2006

L'autre fille Boleyn




Que se passe-t-il lorsque Padme Amidala recontre Hector de Troie ? Un nouvel épisode de Xena ? Pas le moins du monde! Bien au contraire, leur union improbable donnera naissance à un énième films historique tudorien. Après Elizabeth, ce sont ses parents qui ont les honneurs du 7ème art puisque Nathalie Portman et Eric Bana sont en sérieuse discussion (d'après le site cinéphile empireonline.com) pour endosser les rôles d'Anne Boleyn (une lointaine précurceuse de Marie-Antoinette!) et Henry VIII dans the Other Boleyn Girl.
Un projet que j'attendais depuis longtemps après avoir lu le livre éponyme de Philippa Gregory, une romancière anglaise qui se spécialise dans le roman historique de la Renaissance à la Révolution. Ce que j'apprécie dans son oeuvre (1), c'est que cette écrivain revisite avec habilité les aventures archiconnues d'Henry VIII et de ses six femmes ("Henry the Eighth was six times wedded; two he divorced, two beheaded..." )avec originalité.
The Other Boleyn Girl ne racontait pas tant l'histoire d'Anne que celle de sa soeur Mary et en filigranne de leur frère George (un pion malgré lui dans la condamnation à mort d'Anne sous pretexte douteux d'inceste, d'infidélité et de sorcellerie, trahi par sa propre et fort jalouse femme). Car bien avant de s'enticher de la brune et très intelligente Anne pour qui il rompit avec Rome, Henry s'était amouraché de sa soeur, la blonde et naïve Mary qui se désintéresse complètement des intrigues de sa famille, courtisans de père en fils, qui cherchent à asseoir leur position à la Cour.
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Anne et Mary Boleyn
Le livre suit donc les impressions de Mary de son introduction à la Cour aux faveurs du Roi, à son mariage de complaisance pour légitimer ses bâtards, à son éffacement au profit de la plus politique Anne, qui suit les consignes familiales, en passant par la répudiation de Catherine d'Aragon, l'obsession d'Henry VIII pour enfanter un fils, la naissance decevante d'Elizabeth, à la chute d'Anne. Et regarder l'histoire par le petit bout de la lorgnette ou des femmes est ce que je préfère d'où mon enthousiasme invétéré pour ce roman qui évoque avec grâce les rumeurs les plus farfelues sur l'étonnante Anne des 1000 jours (ses motivatioons pour devenir reine- sentiments ou vengeance-, la longue seduction qu'elle imposa au roi à la nature de ses relations avec son frère). Or Mary comme de nombreux personnages restées à l'ombre des plumes des chercheurs fut plus qu'un faire-valoir. Henry se justifiant de sa liaison avec elle, put outre les motifs évoqués ci dessus annuler son mariage avec Anne Boleyn.
Dés que j'ai posé ce roman, je me suis demandée ce que cela pourrait donner à l'écran. J'eus une fausse joie quand je réalisai que la BBC en avait déjà fait une adaptation. Outre des critiques mitigées, cette version n'était pas disponible en video! Alors une adaptation sur grand écran, quelle aubaine !
D'autant plus que de bonnes conditions sont réunies pour produire un long-métrage de qualité. A la caméra, Justin Chadwick à qui on doit cette merveille (encore pour la BBC) qu'est Bleak House et au scénario Peter Morgan, responsable du solide bien que parfois fantaisiste Henry VIII de ITV (le TF1 britannique, une mini-série très agréable à l'oeuil lorsque j'ai mis la main dessus)! ainsi que d'une fiction sur Elizabeth. Bref il s'y connaît en Tudor!
Une inconnue de taille demeure pourtant. Qui va donc interprété Mary (ironiquement la seule survivante des Boleyn) ? des rumeurs persistantes scandent le nom de Keira Knightley. Un choix que je trouverai très drôle mais pas inintéréssant sachant que Keira interprétait dans la menace fantôme, Sabé, la doublure, le leurre de Padmé alias Natalie ! Le monde est petit! (2) et la ressemblance entre les deux "soeurs" assurée (sans compter que Portman ne joue pas si mal!)
Bref vive 2008 (date probable de sa sortie ainsi que de celle de Harry Potter et le prince de sang mélé!)
(1)*The Constant Princess --> Catherine d'Aragon
*The Other Boleyn Girl --> Catherine d'Aragon/Anne et Mary Boleyn/ Jane Seymour
*The Queen's Fool --> Edward VI & Mary Tudor
*The Virgin's Lover --> Elizabeth I
*The Boleyn Inheritance~The Last Boleyn --> Katherine Howard (desesperate housewife n°5, cousine d'Anne Boleyn, et elle aussi décapitée)

(2) Pour les amateurs du jeux " 6 degrees of", une autre annecdote amusante. Si Justin a dirigé Gillian Anderson dans "Bleak House", Peter Morgan a lui écrit le scénario de "The Last King of Scotland" où elle joue un petit rôle. Des bruits de couloirs murmurent une possible nomnation pour meilleur film ou meilleur acteur pour Forrest Whitaker qui préte ses traits au dictateur ougandais Idi Amin aux Oscars 2007. Wait and See!