vendredi 27 novembre 2009

Au clair-obscur de lune

En bonne disciple d'Oscar Wilde, je suis une âme facilement tentable. Un barrage de mauvaises critiques ne pouvait donc guère m'impressionner et me détourner du rayonnement -savamment orchestré - de "Twilight II : Tentation (New Moon)". Et aurais-je honte de l'avouer mais j'ai savouré toutes les minutes de mes retrouvailles avec Bella, Edward et Alice. L'effet vampires + Italie + moments drôles involontaires de la part du réalisateur.

Non "Twilight" n'est pas un chef d'oeuvre, of course, ni ne possède un souffle épique à la "Seigneur des Anneaux" -jamais une adaptation n'a été aussi littérale que les scénarios de la saga de Stephenie Meyer- mais c'est un bon film de divertissement.


Saluons les millions de dollars supplémentaires qu'a apportés le succès renversant de "Twilight I". Avec cette manne providentielle, le studio Summit Entertainment a pu se payer une bande-originale riche en perles et en noms, un monteur digne de ce nom qui a évité les coupes à la hâche, les images sont soignées, le passage italien mémorable. On pardonnera donc les effets spéciaux un peu naîfs concernant les loups. A défaut de rajouter quelques virgules au script, Chris Weitz s'amuse un peu comme ce tableau de la Renaissance dans lequel Carlisle prend vie au côté des Volturis.


Du côté des acteurs, on passera rapidement sur le retour d'Edward, qui comme c'est le tome 2 n'a pas grand chose à faire. Oui Robert Pattinson jette toujours autant des regards de braise dignes des plus torturés héros ténébreux et romantiques du XIXe siècle. Son "strip-tease" toscannais souffre de trop de ralentis mais cela offre un moment de détente innatendus même si la palme de la scène la plius sous acide revient sans hésitation à la vision d'Alice de Bella et Edward immortels courant dans les bois comme les filles Ingalls dans le générique de "la petite maison dans la prairie". La salle a éclaté de rire. Bref pour avoir un jugement un peu nuancé des talents d'acteur de Rob, on patientera jusqu'à "Eclipse".


Kristen Stewart se sort avec honneur de la partition peu glorieuse qu'on lui donne à interpréter... Celle d'une Bella à bout de souffle, de direction et d'espoir et dont la sensibilité et la mesure ont été dévasté. C'est seulement en Italie que son jeu peut s'animer un peu.


Non la grande révélation du film c'est Taylor Lautner ! Déjà le malheureux a eu le droit d'abandonner sa perruque ridicule de cheveux longs. Mais surtout il interprètre avec douceur et sincérité le malheureux amoureux transi qui ne pourra qu'être toujours contrarié et repoussé par l'héroïne. Il multiplie les perches et les tentatives de rapprochement et séduction maladroites avec un naturel désarmant et sans perdre le sourire. Il offre aussi aux spectatrices la scène la plus ridicule du film où torse nu il soigne Bella avec ce qui ne peut qu'être un -shirt propre aux vertus miraculeusement anti-sceptiques. Ses échanges aggressifs et instantanés avec Alice laisse présager le meilleur pour les films restants.


Mention spéciale à Dakota Fanning qui en vampire ingénue et cruelle fait froid dans le dos. Elle n'est pas sans rappeler la manipulatrice Drusilla de "Buffy contre les Vampires". Autre distinction à Michael Sheen. Désolée my dear, quoi que tu fasses tu continues toujours de ressembler à Tony Blair et plus qu'Aro tu incarnes à jamais le locataire du 10 Downing Street. Sans importance cela donne un charme supplémentaire au seigneur des Volturis.


Conformément au roman, "New Moon" laisse en suspend la réponse de Bella à l'ultimatum d'Edward, la chasse à l'homme de Victoria et le sort du traité qu'Eclispe reglera en beauté avec moult confrontations et tensions à la clef. De quoi réserver sa place pour le 3e opus!







Je ne peux résister à l'amusement de vous laisser quelques extraits des critiques du Guardian et du Daily Mail, qui m'ont fait rire aux éclats.


Daily Mail : At first, I thought Jacob’s problem might be that he was flamboyantly gay, or moonlighting as a sales assistant at Abercrombie & Fitch.
He spends most of the movie stripped to the waist and wandering into the forest with like-minded guys, all of them heavily muscled and naked except for shorts.


Guardian : In the first Twilight film, lovely, young Bella Swan couldn't have sex with her vampire beau in case he got carried away and bit her. In this new one, on the other hand, Bella can't get it on with her werewolf suitor in case he gets carried away and claws the bejeepers out of her. In the next in the series, Bella won't have sex with the Mummy in case he gets carried away and strangles her with a bit of manky old bandage, and in the film after that, she mustn't shag Frankenstein's monster in case he gets carried away and rams his electrified neck-bolts into her ears

4 commentaires:

La blondasse a dit…

Ahahah la critique du Daily Mail ! Très très très bon :)

Anonyme a dit…

Amusant comme nos critiques divergent en de nombreux points quant à ce film !
En revanche, nous avons toutes les deux noté la révélation de Taylor Lautner, dont j'ai beaucoup aimé le jeu !

PS : et j'irai rectifier une partie de mon article asap, car je ne savais pas que le livre se terminait aussi abruptement, ce que reprend le film visiblement (je pensais que c'était une facilité scénaristique du réalisateur, une pirouette en somme !).

Lara

Stolvezen a dit…

Dois-je le confesser ? Je n'ai pas résisté non plus à cette 'envie' des plus banale d'aller voir ce film de vampires à l'eau de rose. Avec une copine, c'est mieux ,-)
Effectivement le scénario colle de très près aux lignes du bouquin (que je n'ai toujours pas terminé, la honte) mais que j'ai suffisamment parcouru pour en connaitre la fin.

Comme tu le dis : grosse marade dans la salle à la vision de LA scène Petite maison dans la prairie !!! Il ne manquait que la p'tite musique en prime ;-) Pour le reste, j'ai été un peu déçue par les loups mais bien aimé le jeu de Jacob qui risque fort de ne pas en connaitre d'autres... le pauvre

Andrea a dit…

@Lara : la pirouette scénaristique c'est une énième facilité de la part de Stephenie Meyer qui aime bien les freinages intempestifs. il n'y a qu'à voir sa page de prologue toujours en plein danger, mystère et urgence. Sur le fond, je suis comme toi, je trouve que c'est un peu trop aisé de planter le spectateur/le lecteur au milieu de la cambrousse pour le faire revenir. Genre Victoria qui ? Quel traité ?
Ps : moi aussi pas avoir capté la garde robe d'Alice -__-

@Stol, merci pour tous tes petits commentaires demoiselle. Clair que Jacob sera toujours perdant même si Meyer lui réserve un lot de consolation tordu mais appréciable et qques moments mémorables de baisers volés.