jeudi 3 novembre 2011

Perfection

Telle qu'expérimentée hier en fin de soirée au casino de Paris.

En attendant (maybe) une analyse plus personnelle du concert d'Agnès Obel, voici le clou du spectacle : une version longue de "On powdered ground". Sur le CD la chanson est plaisante mais moins atmosphérique qu'"Avenue" ou "Riverside". Sur scène, servie par un arrangement modeste piano+harpe+violoncelle, elle prend son envol et devient un petit morceau de bravoure, particulièrement lorsque le piano et le violoncelle font la course en fin, sous la discrète surveillance de la harpe.

Je n'ai pas encore regardé si les vidéos de basse définition que j'ai prises sont exploitable mais cet extrait filmé en septembre dernier s'approche de la belle traversée d'hier.


Après c'est sûr, Agnès Obel invite plus à la mélancolie et à la nostalgique qu'à la jig exubérante mais parfois l'âme a aussi besoin de ça. De se souvenir.

mercredi 2 novembre 2011

To burn the candle at both ends

Puisque Mr Abraham fait son retour outre-manche, pourquoi pas moi ? Maintenant que le tintamarre de la rentrée est devenu un peu plus harmonieux et ordonné en terme de conditionnels, mes doigts me picotent à nouveau  même si l'accroche et l'angle percutants manquent encore...
Octobre fut muet, par nécessité de retenir et reprendre son souffle, mais nullement monotone. Le divin enfant (alias Giula) est enfin arrivée, fournissant un bon prétexte en sujets distrayants, grâce à la Grèce et Kadhafi ce fut pratiquement la fin du monde tous les jours (c)...

Double dose de matinales et un doigt de soirées pour donner l'impression de vivre en permanence aux antipodes.

Une fréquentation assidue des planches, celles inopinées de Bercy pour écouter roucouler le beau Gorge M ayant revêtu ses habits de crooner chanteur de berceuses, celles délocalisées de la comédie française au 104 pour une énergique version du jeu de l'amour et du hasard, celles rétro et résolument comiques du théâtre St Martin pour le Songe d'une nuit d'été où les têtes d'affiches, Mélanie Doutey et Lorant Deutsch, se sont plutôt fait voler la vedette par les seconds rôles, Héléna et Bottom, et celles encore mystérieuses du casino de Paris ce soir pour savoir si Agnès Obel est aussi charmante en vrai que sur Deezer.

Les lieux de tentation habituels du week-end, le redoutable triangle des Bermudes St-Germain /Rue des Francs-Bourgeois, alors que je ferais d'aller lécher les vitrines d'Ikéa. Les arpents du VIIe arrondissement, les dégustations de nans au dîner ou les conspirations rue Pernety.

Les retrouvailles étonnamment agréables avec Sarah Michelle Gellar dans Ringer. La série a beaucoup de défauts mais se laisse dévorer comme le Baci du soir, c'est distrayant tellement c'est peu crédible. Gossip Girl rencontre la Vengeance aux deux visages. Je ne suis pas convaincue que SMG ait fait beaucoup de progrès en tant qu'actrice et son âge commence à rendre ses minauderies agaçantes mais l'intrigue ouvre suffisamment de tiroirs pour tenir en haleine. Les personnages secondaires sont très inégaux pour un solide Nestor Carbonnel et Ioan Groffuld, qui doit mettre des sous de côtés pour sa retraite, le couple Henry et Gemma donne des envies de meurtre. Ceci dit, je vois mal Ringer tenir plus d'une saison. Bonus, entendre parler SMG plus ou moins bien français dans un Paris recréé de toutes pièces en Californie sur fond de Bénabar (j'attends un jour que les responsables musicaux de la CW nous ressortent un classique de Carlita pour faire authentique comme 500 Days of summer). J'ai bien envie aussi de me mettre à Once Upon A Time et de continuer ma petite virée de l'été avec Bones.

Toute bonne notion du temps devient donc impossible...

mardi 27 septembre 2011

Merci blogger

Découvrir, suite à une manipulation inconnue, que mon blog est revenue à une mise en page basique et se demander comment rebâtir l'ancienne : check.

Bon ben maintenant je sais comment occuper mon week-end.

Merci Google de vouloir trop innover.

EDIT : Je galère un peu à retrouver mes marques mais au moins cet imprévu va me forcer à moderniser un peu la structure du blog. Ce raccommodage tiendra faute de mieux. Je ne pense pas refaire toutes les rubriques. Il faut juste que je replace deezer et le cinéma. Vu la galère qu'avaient été les petites vignettes photos, je ne pense pas les ressusciter.

Je suis preneuse de tous les conseils d'aménagement et de liens si j'ai oublié qqn dans ma liste.

lundi 26 septembre 2011

Les promesses de l'aube

Le future est toujours incertain -c'est son essence même- mais en attendant que le grand manitou décide de m'offrir un été indien ou au contraire une bonne cure de désenchantements, je peux au moins compter sur un 20 novembre prometteur. C'est déjà ça au milieu de tant de mirages.




mercredi 24 août 2011

Voyage dans le passé

Where has the summer gone ? Août nous quitte et laisse de son passage la marque de ses délicats escarpins dans la poussière qui recouvre, à l'image de mon écran, ce blog. Juillet commençant, je me voyais plein de projets pour ce petit bonhomme et puis le parfum des soirées et promenades d'été, une lettre fleuve, un certain d'esprit isolationniste, le 7e art, les permanences et la nécessité de commencer à s'atteler au grand projet de cet automne m'ont happée.

Le 14 juillet a été placé sous le signe d'un grand ménage dans les papiers de famille d'un cousin éloigné. Ces valises de carton regorgeait de moutons et de trésors. Tickets de métro d'il y a 50 ans, GIC en métal, vieilles coupures de presse, photos de famille de ces grands-parents jeunes et éclatants de beauté, spontanés et un peu frivoles, des mots d'enfant émouvants remplacés par la colère d'un adulte, un arbre généalogique complètement oublié et pourtant fiévreusement documenté par des albums chroniquant les années 1870-1930, une correspondance à une dizaine de plumes couvrant plus de 150 ans. Un ensemble d'objets qui permettent de retracer une histoire qui devrait nous être familière mais que nous ne connaissons pas car les familles taisent leurs déchirures. La transmission se fait avant tout par oral et quand tous les acteurs d'une époque s'éteignent, leurs mérites et exploits retombent dans l'oubli.



L'émotion est puissante quand au détour d'une chemise, on tombe sur des faire-parts immaculés vieux de 80 ans, dont a l'impression qu'ils n'ont jamais été effleurés depuis des décennies. Leur pureté et leur nouveauté renvoient aux aspirations, aux espoirs de leurs auteurs. En deux piles de papier ce sont des pans entier d'une vie qui défile. Et même insignifiante, à travers les lignes on devine l'Histoire qui s'écrit sous leurs mots. Quand les destins particuliers se tissent avec la fatalité des nations. La passion pour le pacifisme de l'entre deux guerre, la colonisation, la guerre, la déroute, l'occupation, l'épuration... On découvre aussi un nouveau visage à ses aïeux : celui de l'enfance, des aspirations, l'élan de la jeunesse et de l'innocence. Relire des lettres de ma grand-mère à l'aube de ses 16 ans me fait réaliser à quel point je ne la connaissais pas et combien anecdotes familiales, elle a emporté avec elle. Un passé perdu à reconstituer, et pourtant si proche.

Tous ses objets, devenus délicieusement obsolètes, soulignent aussi en 150 ans les révolutions connues par le monde. Des télégrammes de la Grande guerre, les voyages aux Etats-Unis par paquebot, une correspondance à la plume acérée et minuscule, des laissez-passer diplomatiques, des lettres faisant office, une fois pliées, d'enveloppe. Tenir une lettre intacte de 1895 m'a beaucoup remuée : les mots sont là se détachant toujours aussi bien, une voix d'un monde disparu. Si ces épistoliers nous regardaient aujourd'hui, ils découvriraient l'automobile, les avions, internet, les réseaux sociaux, l'Union européenne, l'aristocratie des grandes écoles, les mini-jupes, les smartphones, les totalitarismes.