Une banale conférence de presse à première vue : grippe aviaire, suite de la première réunion de la présidence autrichienne quand un journaliste interpelle Michael Mann, porte parole à l’agriculture (qui assume aussi le porte feuille de celui de la santé et de la protection des Consommateurs en l’absence ne pleine grippa aviaire de Philip Tod) :
« Pourquoi n’avez-vous pas sorti de communiqué sur la décision de la Commission de repousser le dossier de la Grèce qui demandait un arrêt des exportations de maïs transgénique ? »
« Et bien il nous a semblé que ce n’était pas la peine, c’est une décision assez commune, business as usual »
« Ah bon ! vous ne trouvez pas que c’est une explication un peu hypocrite venant d’une institution qui prône la transparence ? »
« Mais pas du tout ! L’agenda était très chargé et nous ne voulions pas le rendre illisible, nous avons pris vingt décisions dans ce genre depuis 12 mois. Et puis lorsque votre collègue de Reuters nous a demandé des détails, nous les lui avons donnés »
« Ben, vous voyez il y a des privilégiés et rétention d’information, et nous on l’apprend dans une dépêche, de seconde main ! »
« Mais non, c’est juste que je donnais une interview à votre collègue, il m’interrogeait sur de multiple affaires en cours et au passage s’est enquéri des derniers développements dans cette histoire d’OGM »
« Oui, mais c’est de la catimini ! »
Johannes tente de reprendre la main
« Ecoutez cet entretien avec Reuteurs montre bien que nous répondons à toutes les questions que vous nous posez. Il suffit d’être un journaliste bien informé pour avoir des explications »
Silence dans la salle… puis l’indignation du journaliste protestataire suivie des applaudissements de ses semblables…
« Vous insinuez qu’on ne fait pas bien notre travail, qu’on le bâcle ? »
Johannes platement s’excuse d’avoir été mal compris et explique juste qu’il ne faut pas hésiter à poser des questions aux portes paroles, que ceux-ci sont à la disposition des journalistes et ne leur dissimulent rien, tandis que Michael Mann promet dorénavant de redonner à ces décisions quotidiennes et triviales de la Commission tous les communiqués de presse qu’elles méritent même si l’on doit couper quelques arbres supplémentaires pour cela. Oui, la Commission sera à la hauteur de son idéal de transparence !
Retournement de situation, ils quittent l’estrade sous les applaudissements de l’assemblée ! Moins une et c’était le crash diplomatique et médiatique !
A moins que …
3ème acte à suivre !
mercredi 11 janvier 2006
samedi 7 janvier 2006
Bliss
Ce dimanche soir, le bonheur était dans cette petite salle obscure du Champollion. Et je l'ai attrapé.vendredi 6 janvier 2006
La guerre des Mondes :1er acte

Accès à la salle de presse de quelques uns des 1300 journalistes accréditès à la Commission, le plus gros groupe de reprsentants de la presse devant Washington.
Vendredi tout ce que Pierre Avril, correspondant pour le Figaro, veut savoir c’est si la Commission s’impliquera dans la résolution du conflit entre Moscou et Kiev depuis que la Bulgarie crie au scandale : elle paye deux fois plus que Kiev depuis que les Russes l’ont forcée à négocier son contrat 2007-2010 alors que le précèdent n’arrive à expiration qu’à la fin de cette année.
« Vous allez intervenir auprès de la Russie pour lui demander de cesser son chantage sur l’Ukraine maintenant que les futurs membres de l’UE sont concernés » ? »
« C’est une question bilatérale qui oppose deux pays souverains »
« Oui mais quand même, ils vont accéder à l’UE, vous ne devriez pas les aider à négocier ? »
« C’est une dispute commerciale et contractuelle entre deux parties, on n’intervient pas dans cela »
Un autre luron de s’embarquer dans cet interrogatoire
« Et si la Bulgarie vous appelait à l’aide ? »
« Je ne vais quand même pas commenter sur des spéculations ! »
Un troisième tenace
« Et si la Roumanie et la Bulgarie étaient déjà membres ?... »
[Insérer les autres questions qui ont échappé à mon attention hypnotisée par cette partie de ping-pong verbal et au final non la Commission ne peut toujours ni commenter ou intervenir pour ceux que le suspens faisait agoniser !]
Quand tout d’un coup… « Oui, je prends la parole non pour vous poser une question mais pour interpeller la Commission au nom d tous mes collègues et vous faire part de ma déception. Hier, je me suis fait voler ma veste qui était accrochée aux portes manteaux à l’extérieur de la salle de presse… C’est inadmissible avec tous les contrôles qu’on nous fait subir à l’entrée, on nous traite comme des suspects alors qu’on vient ici tous les jours et avec toute votre sécurité qui nous fait perdre du temps vous n’êtes pas capables d’empêcher les vols »
Soupir plein de compassion de Johannes « ah vous savez même dans leurs bureaux, les fonctionnaires se font voler… »
Le voisin de la victime de s’intercaler « Et d’ailleurs, j’ai aussi une question sur la sécurité. Il semble vraiment y avoir un problème avec les Institutions Européennes… Qu’allez vous faire pour augmenter les mesures de sécurité dans les crèches pour enfants. Celle de la Commission hier a vu l’irruption d’un homme armé d’un couteau… Comme ça la Commission n’est pas capable de protéger les enfants de ses fonctionnaires ? »
Johannes « Hmmm…je crois que les plus à même de répondre à vos interrogations sont la DG Emploi et l’équipe sécurité plutôt que les portes paroles de la Commission et Commissaires ! »
Vendredi tout ce que Pierre Avril, correspondant pour le Figaro, veut savoir c’est si la Commission s’impliquera dans la résolution du conflit entre Moscou et Kiev depuis que la Bulgarie crie au scandale : elle paye deux fois plus que Kiev depuis que les Russes l’ont forcée à négocier son contrat 2007-2010 alors que le précèdent n’arrive à expiration qu’à la fin de cette année.
« Vous allez intervenir auprès de la Russie pour lui demander de cesser son chantage sur l’Ukraine maintenant que les futurs membres de l’UE sont concernés » ? »
« C’est une question bilatérale qui oppose deux pays souverains »
« Oui mais quand même, ils vont accéder à l’UE, vous ne devriez pas les aider à négocier ? »
« C’est une dispute commerciale et contractuelle entre deux parties, on n’intervient pas dans cela »
Un autre luron de s’embarquer dans cet interrogatoire
« Et si la Bulgarie vous appelait à l’aide ? »
« Je ne vais quand même pas commenter sur des spéculations ! »
Un troisième tenace
« Et si la Roumanie et la Bulgarie étaient déjà membres ?... »
[Insérer les autres questions qui ont échappé à mon attention hypnotisée par cette partie de ping-pong verbal et au final non la Commission ne peut toujours ni commenter ou intervenir pour ceux que le suspens faisait agoniser !]
Quand tout d’un coup… « Oui, je prends la parole non pour vous poser une question mais pour interpeller la Commission au nom d tous mes collègues et vous faire part de ma déception. Hier, je me suis fait voler ma veste qui était accrochée aux portes manteaux à l’extérieur de la salle de presse… C’est inadmissible avec tous les contrôles qu’on nous fait subir à l’entrée, on nous traite comme des suspects alors qu’on vient ici tous les jours et avec toute votre sécurité qui nous fait perdre du temps vous n’êtes pas capables d’empêcher les vols »
Soupir plein de compassion de Johannes « ah vous savez même dans leurs bureaux, les fonctionnaires se font voler… »
Le voisin de la victime de s’intercaler « Et d’ailleurs, j’ai aussi une question sur la sécurité. Il semble vraiment y avoir un problème avec les Institutions Européennes… Qu’allez vous faire pour augmenter les mesures de sécurité dans les crèches pour enfants. Celle de la Commission hier a vu l’irruption d’un homme armé d’un couteau… Comme ça la Commission n’est pas capable de protéger les enfants de ses fonctionnaires ? »
Johannes « Hmmm…je crois que les plus à même de répondre à vos interrogations sont la DG Emploi et l’équipe sécurité plutôt que les portes paroles de la Commission et Commissaires ! »
mardi 3 janvier 2006
La guerre des nerfs…

La salle de presse comble du Berlaymont -sûrement pas un midday briefing (ou rendez-vous de midi si on pèle ce jargon) mais plutôt une intervention de Barroso...
Une fois n’est pas coutume, brisons la loi du silence, celle de ma paresse point celle de ma déontologie qui m’imposerait de ne pas révéler ce qui se passe dans les couloirs du Berlaymont mais parlons donc de la Commission Européenne !
Alors que les opinions publiques sont emportées dans la tourmente de la grippe aviaire et de la dispute gazière entre Ukraine et la Russie qui déteint sur les voisins de l’est et candidats : Roumanie et Bulgarie, ce qui place tout cela dans le domaine proche de la Commission, ce qui embrase la salle de presse c’est le conflit larvé entre le service du porte-parole et son chef Johannes Laitenberger et les journalistes. Chaque rendez-vous de midi est ponctué désormais de l’invective d’un représentant de la presse parlant au nom de tous ses confrères…
Les scribouillards de l’Europe n’en peuvent plus des réponses langues de bois de la Commission qui s’enferme dans la prudence : lorsque 25 pays et intérêts généraux différents sont en jeu, chaque mot, chaque virgule a son importance, un souffle de trop et on accuserait la Commission d’empiéter sur les compétences nationales d’un pays ou d’en favoriser un autre, d’être trop libérale.
Bref surtout garder le silence pour éviter la catastrophe nucléaire… Meilleure stratégie : rester dans le théorique et le vague. D’où le défi des journalistes, obtenir le scoop… Et c’est une persécution sans relâche. Un même intervieweur peut poser trois la même question et se faire opposer une fin de non recevoir… Qu’importe, un collègue prend le relais, il faut admirer cette opiniâtreté ! Les portes paroles jamais très à l’aise de répliquer « On ne peut rien vous dire avant que la décision ne soit finalisée », « La Commission ne peut se prononcer, ce n’est pas de sa compétence », « la Commission ne commente jamais une procédure de justice européenne et internationale, elle se doit de rester neutre et ne pas l’influencer »
Bruxelles : rentrer au Bercail

Notre charmante vue de gibet de pendu avec corde à noeud coulant en prime ^^;;;;
Si de quitter Paris après une formidable semaine auprès des siens, s'est avéré assez douloureux et insinuant la tentation de dernière minute de changer mes billets et prendre le train du lendemain, pénétrer chaussée de Wavre puis au Berlaymont m'a consolée de ma mélancolie. Sans être chez moi, ces lieux me sont familiers, et c'est déjà ça même si concernant la décoration et l'atmosphère, cela peut s'avérer macabre.
Bref un rapide tour du bureau tannière des stagiaires au fond du couloir...

Les décorateurs d'intérieur et les aspirantes Martha Stewart sont libres de s'exprimer !
Bref un rapide tour du bureau tannière des stagiaires au fond du couloir...

Les décorateurs d'intérieur et les aspirantes Martha Stewart sont libres de s'exprimer !
Vue de Bruxelles, un matin de décembre à 9h00, après une brève éclaircie, on retrouve la même luminosité quasi nulle vers 15h ce qui fait user et abuser des néons et de la lumière artificielle ce qui n'est pas forcément bon pour le moral...
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